Cancer

Conserver l’appétit et la santé lors d’un traitement du cancer

Bien que l’alimentation recommandée pour une personne atteinte du cancer diffère peu des principes de base liés à la saine alimentation des personnes en santé, certaines spécificités concernent l’alimentation des personnes traitées pour le cancer.

 

À cet effet, la connaissance des aliments favorisant une bonne récupération, des bonnes techniques d’hygiène et de salubrité et des stratégies permettant de stimuler l’appétit permettront d’optimiser vos traitements (chimiothérapie, radiothérapie ou chirurgie) et votre rétablissement.

 

 

Pour bien récupérer lors des traitements : optez pour des aliments riches en protéines et en énergie

 

Si vous recevez présentement un traitement pour le cancer, soit de la chimiothérapie, de la radiothérapie ou une chirurgie sous peu :

 

Vos besoins en calories et en protéines sont plus élevés qu’à l’habitude. 

 

Dans ce cas, assurez-vous de manger trois repas équilibrés par jour, tout en enrichissant vos mets avec des matières grasses insaturées, telle de la margarine non hydrogénée, des huiles, des noix et graines, des avocats, etc. Ajoutez par exemple de la margarine ou de l’huile à vos légumes cuits, ainsi que des noix et des avocats à vos salades.

 

Afin de favoriser la guérison et le maintien du système immunitaire, assurez-vous également de consommer des sources de protéines à chaque repas (viandes, poisson, légumineuses, produits laitiers, noix et beurre de noix, œufs, tofu, etc.) et d’avoir des collations nutritives à portée de main.

 

Voici quelques suggestions :

  • Un yogourt ou un pouding au soya* et des noix, des graines ou des fruits séchés (dattes, raisins, abricots) ;
  • Des légumes variés et de la trempette préparée à partir de yogourt grec, de crème sûre, d’avocat ou d’edamame (fèves de soya immature) ;
  • Un verre de lait ou de boisson de soya enrichie* et un muffin, une galette à l’avoine ou une barre tendre fait maison contenant des noix ou des fruits séchés ;
  • Des fruits variés ou des craquelins et des cubes de formage, etc.

 

*Notez que selon la Société canadienne du cancer, « certains médecins peuvent recommander aux femmes qui prennent du tamoxifène (Nolvadex, Tamofen) d'éviter le soya puisqu’il pourrait nuire à l'efficacité du médicament. »

 

 

Manque d’appétit ? Des solutions s’offrent à vous!

 

À différentes étapes de la maladie, des sentiments de tristesse, d’anxiété ou de colère peuvent survenir. Ces émotions peuvent pousser certaines personnes à manger davantage de nourriture et pour d’autres, elles peuvent couper l’appétit.

 

Un manque d’appétit et une perte de poids lors de cette période peuvent particulièrement amener son lot de complications : une moins grande réponse au traitement, un temps de rétablissement plus long, un sentiment de fatigue, une fragilité aux infections, etc.

 

Voici 10 trucs lorsque l’appétit est moins présent :

  • Optez pour des aliments riches en protéines et en énergie (ex. un yogourt grec au lieu d’un yogourt régulier; un muffin aux noix et aux fruits au lieu d’un muffin nature; des trempettes d’avocat ou de hummous avec des crudités au lieu des légumes seuls; des craquelins avec fromage au lieu des craquelins seuls, etc.).
  • Enrichissez vos repas : ajoutez par exemple du fromage râpé à vos légumes cuits, à vos œufs, à vos salades ou à vos sauces, ou encore ajoutez de l’huile ou de la margarine à vos légumes cuits ou à vos purées de légumes.
  • Limitez la consommation d’aliments pauvres en calories (thé, tisane, café, salade, légumes, boissons gazeuses diètes, bouillons clairs, etc.) qui peuvent couper la faim lors des repas.
  • Le simple fait de manger plus souvent en optant pour plusieurs petits repas au lieu de trois repas par jour peut également vous aider à manger davantage lorsque la faim n’est pas au rendez-vous.
  • Pour compléter vos petits repas, optez pour des boissons nutritives comme le lait, les boissons de soya enrichies, les laits frappés ou les smoothies maison.
  • Optez pour des mets que vous aimez et pour vos aliments favoris afin de stimuler la faim. Par exemple, cuisinez des recettes familiales, tels des pâtés chinois, des pâtés de viande ou des tourtières lorsque l’énergie est au rendez-vous et...
  • Congelez les surplus en portions individuelles pour avoir des repas simples, rapides et réconfortants lorsque la fatigue se fait davantage ressentir.
  • Mangez dans une ambiance tranquille et agréable : tamisez les lumières, mettez de la musique, allumez quelques chandelles et prenez le temps de manger lentement.
  • Prenez une marche avant le repas ou faites une autre activité que vous aimez, ceci peut également stimuler votre appétit.
  • Trop fatigué pour manger ? Reposez-vous d’abord, pour mieux manger par la suite.

 

Retrouvez davantage de conseils dans notre article : « Pour les petits appétits ».

 

 

Vous êtes un proche d’une personne atteinte du cancer ?
Vous vous demandez comment l’aider ? Voici une suggestion pour épauler votre proche :
 
Contactez ses amis et membres de la famille et proposez-leur de cuisiner des repas et des collations nutritives que votre proche pourra congeler et déguster lorsque l’énergie ne sera pas au rendez-vous. Une personne de votre entourage a un petit congélateur dont il ne se sert plus ? Pourquoi ne pas lui emprunter quelques mois et l’offrir à votre proche atteint du cancer afin qu’il puisse entreposer convenablement tous les bons petits plats qu’il recevra.
 
Avec la personne atteinte du cancer, déterminez également une journée précise à chaque semaine ou à chaque mois lors de laquelle ses proches pourront aller lui porter des mets, pour éviter de la fatiguer davantage avec trop de visites.

 

 

La salubrité des aliments : pour éviter les intoxications alimentaires lors des traitements du cancer

 

Par ailleurs, comme le système immunitaire est affaibli lors d’un traitement de chimiothérapie ou de radiothérapie, il est plus à risque de contacter certaines infections et intoxications alimentaires. Si les personnes en bonne santé qui mangent des aliments contaminés par des bactéries, des virus ou des parasites guérissent rapidement et complètement, les empoisonnements alimentaires peuvent causer de graves problèmes de santé chez les personnes traitées pour le cancer.  

 

Ainsi, certaines précautions d’hygiène et de salubrité  sont essentielles pour maintenir un bon état de santé. Voici quelques bonnes pratiques à adopter au quotidien :

 

À l’épicerie :

  • Utilisez des sacs d’épicerie réutilisables différents pour la viande, le poisson et les fruits de mer crus, identifiez-les clairement et lavez-les régulièrement ;
  • Assurez-vous d’acheter des viandes, volailles, poissons et fruits de mer dont la date d’expiration « meilleur avant » n’est pas dépassée ;
  • Dans votre panier d’épicerie, séparez la viande, le poisson et les fruits de mer crus des autres aliments.

 

À la maison :

  • Réglez votre réfrigérateur à 4 °C ou moins et votre congélateur à -18 °C ou moins.
  • Réfrigérez rapidement les aliments devant être conservés au réfrigérateur (en moins de 2 heures à température ambiante et en moins d’une heure par temps chaud) ;
  • Conservez les restes d’aliments au réfrigérateur moins de 2 jours et consultez le thermoguide développé par le MAPAQ pour connaître la durée de conservation des autres aliments périssables ;
  • Lavez les fruits et légumes que vous consommez crus ;
  • Consommez des viandes, volailles, poissons et fruits de mer dont la date d’expiration « meilleur avant » n’est pas dépassée ;
  • Assurez-vous de cuire suffisamment les viandes, la volaille, les poissons et les œufs. Pour ce faire, munissez-vous d’un thermomètre des aliments et affichez cet autocollant développé par le Ministère de l’agriculture, des pêcheries et de l’alimentation (MAPAQ) sur votre réfrigérateur ;
  • Évitez la contamination croisée en séparant les viandes, les poissons et les fruits de mer crus de ceux qui sont cuits.

 

Les aliments à éviter de consommer : 

  • Les viandes crues, les saucisses à hot-dog non cuites, les sushis à base de poisson crus et les huîtres ;
  • Les charcuteries non séchées, telle la saucisse de bologne, le rosbif et la poitrine de dinde ;
  • Les œufs crus et les préparations à base d’œufs crus (vinaigrettes, pâtes à gâteau ou à biscuit non cuite, etc.) ;
  • Les jus et les produits laitiers (lait, fromages) non pasteurisés ;
  • Les germinations crues (les fèves germées et les pousses de luzerne, de trèfle, de radis, etc.).

 

Pour personnaliser le traitement nutritionnel selon votre condition, les nutritionnistes sont les professionnels tout désignés. En cas de certains symptômes, tels des nausées, des diarrhées, de la constipation, de la sécheresse bucale, des mucosites, des modifications du goût, etc., consultez un professionnel de la santé de votre équipe de soin, tel un médecin ou un nutritionniste. 

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