Salubrité alimentaire

La vache folle : pas de panique!


En mai dernier, on a rapporté le deuxième cas de maladie « de la vache folle » survenu au Canada. L’animal malade ainsi que le troupeau en entier ont été abattus et les carcasses ont été détruites. Mieux connue aujourd’hui, cette maladie est également mieux contrôlée. Tour de table…


Qu’est ce que la maladie « de la vache folle »?

La maladie « de la vache folle » est une maladie mortelle qui touche le système nerveux des bovins. Elle est aussi connue sous son nom scientifique, « encéphalopathie spongiforme bovine » (ESB). Le principal responsable de cette maladie est un agent infectieux appelé prion. Il attaque le cerveau et la moelle épinière des animaux et en détruit les cellules.

Chaque espèce a un type d’encéphalopathie spongiforme qui lui est propre : la « tremblante » chez le mouton,     l’« encéphalopathie des cervidés » chez les wapitis et les cerfs, et la maladie de Creutzfeldt-Jakob chez les humains.


Quel est le lien entre l’ESB et la maladie de Creutzfeldt-Jakob?

Personne ne pensait que le prion des bovins pouvait infecter l’humain. Cependant, en 1996, plus d’une centaine d’Européens sont décédés d’une variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, à la suite de la consommation de viande de bœufs contaminés par l’ESB. Le seul cas rapporté au Canada concernait une personne qui avait vécu en Angleterre.

La forme classique de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, connue depuis les années 1920, touche environ une personne sur un million par année. Ces personnes sont le plus souvent âgées de 50 à 75 ans. Contrairement à la variante, cette maladie rare n’est aucunement liée à l’alimentation.


Seulement un individu sur un million de personnes exposées à du boeuf contaminé par l’ESB développera la variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob!

Le risque existe donc, mais il est très faible…

 



D’où provient ce prion?

L’ESB peut être transmise en nourrissant les bovins avec des produits transformés comprenant des morceaux de ruminants (bovins, ovins, cerfs, wapitis, bisons) eux-mêmes atteints d’encéphalopathie spongiforme bovine. En Angleterre, l’épidémie aurait été propagée de cette façon.

Dans les années 1970 et 1980, les déchets des ruminants (bovins, cerfs, bisons, wapitis, moutons, chèvres) étaient récupérés pour diverses utilisations industrielles : poudre de viande, poudre d’os, colle et… farines pour l’alimentation animale.

Aujourd’hui, cette dernière pratique n’est plus permise et l’importation des protéines animales transformées provenant de toutes ces espèces a été suspendue au Canada.


Est-il dangereux de manger du bœuf et des produits laitiers canadiens?

Bien qu’un cas d’ESB ait été récemment rapporté, aucune viande provenant de l’animal malade ne s’est retrouvée dans les réserves alimentaires des humains. Selon Santé Canada, les risques que pose ce cas unique d’ESB pour la santé humaine sont faibles.

Grâce à toutes les précautions prises par Santé Canada, les produits laitiers et le bœuf canadien sont sans danger pour votre santé :

 

 

  • Analyse des cerveaux des bovins jugés à risque pour dépister la maladie avant le transport de la carcasse vers les boucheries.
  • Interdiction, depuis 1997, de nourrir des ruminants avec des produits fabriqués à partir d’autres ruminants.
  • Obligation pour les éleveurs de déclarer tout cas suspect d’ESB (depuis 1990).
  • Identification des troupeaux de bovins afin de pouvoir retracer l’origine d’un animal malade.
  • Interdiction d’importer des produits à base de ruminants qui sont à risque d’être contaminés par l’ESB.


Quoi manger si vous allez en Europe?

Depuis le début des années 1990, des mesures très strictes concernant l’alimentation des bovins et l’utilisation des farines animales ont été prises en Europe.

Mais malgré tout, des cas de la maladie « de la vache folle » sont apparus. Ces cas étaient-ils dus au non-respect des mesures ou à des modes de transmission inconnus?

Dans le doute, il vaut mieux prendre certaines précautions :

 

 

  • Préférez les coupes de viande entières, sans les os, comme le bifteck ou le rôti.
     

             Ces coupes représenteraient moins de risques de contamination par l’ESB.
 

  • Évitez les produits de viande transformée, comme la saucisse, la viande hachée et les pâtés.
    Ces viandes peuvent contenir des parties de cerveau ou de moelle épinière de bovin, parties contaminées par l’ESB chez les animaux infectés.

Quant aux aliments transformés provenant d’Europe, comme les bouillons, la gélatine, les soupes et les cubes de bouillon, vous pouvez les consommer sans crainte, car ils contiennent une quantité infime de viande.

En France, des tests de dépistage de l’ESB sont obligatoires pour tous les bovins de plus de 24 mois. Cette mesure n’est pas en vigueur au Royaume-Uni.


Le point sur la maladie « de la vache folle » au Canada

En date du 27 juin 2003, l'enquête de l'agence canadienne de l'inspection des aliments (ACIA) est officiellement close. Rappelons que tous les résultats des tests de dépistage de l’ESB se sont révélés négatifs et aucun nouveau cas n’a été rapporté. La quarantaine a été levée partout.

Un groupe international d’experts du domaine de la santé publique et de la santé animale a examiné et a validé les résultats des agences canadiennes dans son rapport publié le 26 juin 2003.

Néanmoins, les experts ont émis plusieurs recommandations aux dirigeants canadiens. Ces derniers ont accepté les recommandations et sont résolus à améliorer davantage les efforts existants en matière de salubrité des aliments et de santé publique. Ces révisions portent, entre autres, sur le resserrement des contrôles sur les aliments des non-ruminants, des systèmes de suivi et de retraçage renforcés, de l’amélioration des épreuves de détection et de la surveillance de la maladie.

Pour obtenir des mises à jour sur le sujet ou de plus amples informations, visitez le site de l’Agence canadienne d’inspection des aliments.

 


 

 

Dernière modification :