Poids

Le régime nord-américain acidifie le corps

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Équilibre acido-basique, diète alkaline ou diète acide sont tous des termes faisant référence au même concept qui suggère que l’alimentation nord-américaine favoriserait la formation excessive d’acides dans le corps, ce qui nuirait à son bon fonctionnement et pourrait avoir de nombreux effets dommageables, notamment aux os ou aux reins. Bien que tout semble cohérent à première vue, la réalité est tout autre et les études prouvant les bienfaits d’un régime alcalin sont peu nombreuses.

 

Une question de pH

 

Le pH est une mesure utilisée pour définir si un milieu est acide ou basique. Un pH inférieur à 7 est acide, alors qu’un pH supérieur à 7 est considéré comme alcalin ou basique. Un pH de 7 est neutre.

 

Dans le corps, les fluides comme le sang, la salive ou l’urine ont tous un pH qui leur est propre. Dans le cas du sang, plusieurs réactions métaboliques se chargent de conserver son pH entre 7,35 et 7,45. Il varie donc très peu et tend à être près de la neutralité. Les cellules sanguines ont un fonctionnement optimal dans cet intervalle. Il est donc vital que le corps soit capable de stabiliser le pH sanguin.

 

Lorsque notre diète acidifie le corps

 

Certains aliments, à cause des nutriments (dont les protéines et certains minéraux) qu’ils contiennent, ont la capacité de favoriser la création d’acides ou d’éléments alcalinisant.

 

Si on dresse un portrait général de l’alimentation, les viandes, les produits laitiers, les produits céréaliers, les aliments transformés et l’alcool sont considérés comme des aliments acidifiants. D’un autre côté, les fruits, les légumes, les noix et les graines sont des aliments alcalinisant.

Selon les tenants de la diète acido-basique, l’alimentation nord-américaine contient trop d’aliments favorisant l’acidité et trop peu d’aliments alcalins. Ce déséquilibre entraînerait une légère acidification chronique du sang, ce qui aurait plusieurs conséquences néfastes pour l’organisme et serait la cause de la plupart des maladies chroniques qui affligent notre société.

 

Toujours selon les fervents de la diète, il faudrait mesurer notre pH urinaire régulièrement pour savoir si nous produisons trop d’acides et modifier notre alimentation de façon à rendre notre urine plus alcaline, ce qui serait un signe que notre sang est de retour dans le bon intervalle de pH. Or, le pH de l’urine est complètement indépendant de celui du sang. Même si les aliments ont la capacité de faire fluctuer le pH de l’urine, plusieurs études ont démontré que chez des adultes en santé, l’alimentation n’a aucun effet sur le pH sanguin.

 

Que disent les études?

 

Jusqu’à présent, très peu d’études sont capables d’appuyer l’hypothèse de la diète acido-basique.

 

Par exemple, un des aspects où la diète acido-basique trouve le plus d’intérêt est dans la protection du squelette. En effet, selon l’hypothèse, plus on mange d’aliments acidifiants, plus notre corps doit produire des substances alcalinisantes pour balancer le tout. Le calcium étant un minéral alcalin, le corps irait puiser dans nos réserves osseuses pour retrouver l’équilibre. Ainsi, si nous subissons une légère acidification chronique à cause de notre alimentation, le corps irait toujours puiser dans nos réserves, ce qui nous mettrait à risque de souffrir d’ostéoporose.

 

Ce concept peut sembler plausible, d’autant plus qu’il a été démontré dans plusieurs études qu’une alimentation riche en aliments acidifiants, dont des aliments protéinés, augmentait la quantité de calcium retrouvée dans l’urine. Cependant, les études n’arrivent pas à démontrer que cette hausse de calcium dans l’urine est associée à des risques plus élevés d’ostéoporose. En effet, le fait de retrouver plus de calcium dans l’urine lorsque nous consommons une alimentation acidifiante serait plutôt causée par une meilleure absorption du calcium au niveau de l’intestin. D’ailleurs, il a été démontré à maintes reprises qu’une alimentation riche en protéines, principalement chez les personnes âgées souffrant d’ostéoporose était favorable à la santé osseuse. Bref, la théorie sous-jacente à la diète acido-basique ne tient pas.

 

Selon les tenants de la diète acido-basique, les dommages d’une diète acidifiante seraient réels bien qu’il soit impossible de voir cette fluctuation de pH sanguin parce que le corps est trop efficace pour pallier au déséquilibre. Il s’agit ici seulement d’une hypothèse. Aucune étude ne l’a prouvé.

 

Quoi prendre et quoi laisser?

 

Les études ne sont pas au rendez-vous pour prouver les effets néfastes d’une acidification de notre organisme par l’alimentation. Toutefois, la diète acido-basique n’est pas totalement à rejeter.

 

Parmi les points positifs de ce type d’alimentation, notons l’importance des fruits, légumes, noix et graines. De même, la diète acido-basique recommande de diminuer la consommation de viande, d’aliments transformés et d’alcool, ce qui est tout à fait cohérent avec les recommandations alimentaires actuelles.

 

Toutefois, deux points négatifs doivent être soulevés :

 

  1. Puisque la plupart des aliments contenant plus de protéines sont considérés comme acidifiants, il peut être difficile de rencontrer ses besoins protéiques en  suivant les principes de cette diète, surtout si on ne consomme pas beaucoup de noix et de graines.
  2. En excluant les produits céréaliers, vous privez votre organisme d’un carburant d’excellente qualité en plus des fibres et des éléments nutritifs qu’ils contiennent.

 

Ce qu’on retient en bref

 

Ce n’est pas parce que l’hypothèse de l’acidification du corps ne tient pas la route du point de vue des données scientifiques qu’il faut rejeter totalement les principes de la diète acido-basique.

 

Augmenter votre consommation de fruits, de légumes, de noix et de graines et diminuer votre consommation de viande, d’aliments transformés et d’alcool sont de très bonnes habitudes alimentaires à intégrer à votre quotidien. Faites toutefois toujours attention aux diètes qui proscrivent certains groupes d’aliments car une alimentation équilibrée et promotrice de santé fait une place à tous les aliments.

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