Manger sainement

Le stress a-t-il une influence sur votre assiette?

Plus qu’une nuisance psychologique, le stress peut avoir un impact sur notre santé mentale, physique, ainsi que notre alimentation. Le problème, c’est que le stress est pratiquement un incontournable de nos vies modernes : quête du succès au travail ou à l’école, fragilité de l’économie, petits défis quotidiens de la vie familiale, et plus encore. Voici donc tout ce que vous devez savoir sur le stress pour qu’il ne se retrouve pas dans votre assiette…

 

Qu’est-ce que le stress ?

 

Une question complexe que même les scientifiques ont de la difficulté à répondre. S’il est relativement facile d’identifier des situations qui l’occasionnent, il en est tout autrement quant à son explication physiologique. À ce jour, il est difficile de comprendre tous les mécanismes du corps impliqués dans la réponse au stress.


On ne peut sous-estimer la grande variabilité qui existe entre la panoplie de situations stressantes et nos réactions à celles-ci. Pourquoi certaines personnes sont-elles plus sensibles au stress que d’autres ? Pourquoi un individu sera stressé par un évènement et un autre pas ? Comment expliquer ces différences ? Voilà plusieurs questions qui sont toujours à l’étude, mais qui démontrent bien l’importante variabilité à considérer lorsque l’on cherche à comprendre le stress.

Bref, le stress c’est complexe. Toutefois, même s’il est encore mal compris, on peut tout de même le définir : c’est un état qui déséquilibre le corps humain et qui est perçu comme étant menaçant pour l’individu.

 

 

On reconnaît deux types de stress :

 

  • Aigu : Un épisode précis et ponctuel qui occasionne de la détresse. Cette condition engendre une série de réactions dans le corps, notamment la sécrétion d’adrénaline, qui a pour but de nous aider à affronter la situation menaçante, ou encore à la fuir.
    Ex. : accident mineur de voiture, présentation d’un projet important, évaluation de notre performance annuelle, premier rendez-vous galant, etc.
  • Chronique : Être soumis de façon répétitive à une ou des situations causant une détresse et qu’on ne parvient pas à gérer efficacement.
    Ex. : situation financière précaire, troubles familiaux persistants, problèmes continus au travail, incapacité à faire un deuil important, solitude, etc.


* Il est possible qu’un stress chronique résulte ou occasionne un stress aigu.

 

 


Les conséquences sur la santé mentale


Anxiété, dépression, nervosité, irritabilité, le stress ont de nombreuses répercussions sur notre santé mentale. À vrai dire, l’ampleur d’un stress psychologique est avant tout mesurée par la perception qu’un individu a de sa capacité à gérer une situation stressante ou menaçante. Ainsi, certaines conditions psychologiques peuvent contribuer à l’apparition du stress : la nouveauté, la perte de contrôle, l’ambiguïté, l’imprévisibilité, la menace à l’ego et l’anticipation de conséquences négatives. Plus un environnement est perçu comme étant hostile ou déstabilisant, plus l’équilibre psychologique est à risque.
 


Les conséquences sur la santé physique

 

  • À long terme :
    Plusieurs études démontrent un lien entre le stress chronique et le développement de certains problèmes de santé à plus long terme : diabète de type 2, syndrome métabolique, obésité abdominale. Le stress chronique serait responsable d’une augmentation des glucocorticoïdes dans le corps, plus particulièrement le cortisol. Cette hormone a des propriétés inflammatoires, et sa présence continuelle en quantité élevée dans notre système serait néfaste pour l’organisme. En effet, les études actuelles l’accusent d’être le principal responsable du développement des maladies à long terme.
  • À court terme :
    La réaction au stress de chacun varie énormément quant aux symptômes ressentis ainsi que leur intensité. Ce sont tous les systèmes du corps humain qui peuvent être touchés, et les manifestations sont multiples : insomnie, eczéma, maux de tête, palpitations, sudation, urination fréquente, asthme, etc. Le tube digestif n’est pas épargné non plus. Des petits trucs sont proposés ci-dessous pour pallier aux inconforts digestifs qui peuvent possiblement survenir lorsque l’on vit un stress. Toutefois, le meilleur remède demeure une gestion efficace de son stress.

     


 

 

Afin de vous protéger contre :
 

 

  1. Le reflux : Évitez les irritants comme le café, le thé, l’alcool et les aliments épicés (sauce piquante, mets indiens, etc.) ou acides (agrumes, vinaigrettes, sauce tomate, etc.). Buvez dans la demi-heure avant ou après les repas plutôt que durant. Ne vous allongez pas après un repas et dormez avec plus d’un oreiller afin d’être inclinée plutôt qu’en position horizontale.
  2. La constipation : La recommandation habituelle pour ce problème est d’accroître son apport en liquide et en fibres. Néanmoins, lorsque la constipation est causée par le stress, il peut être préférable de ne pas augmenter la quantité de fibres ingérées afin d’éviter un sentiment de lourdeur, ainsi que d’autres inconforts digestifs. Misez davantage sur une bonne hydratation, combinée à de l’activité physique. Par exemple, prenez une marche, faite un peu de jogging, de la natation ou tout autre sport qui demande un travail abdominal. Vous ferez ainsi une pierre deux coups car le sport est un excellent moyen de réduire le stress.
  3. Les gaz : Tenez-vous loin des aliments gazogènes qui peuvent accentuer le problème : choux, chou de Bruxelles, oignon, poireau, ail, légumineuses, œuf, maïs, boissons gazeuses, gomme à mâcher, etc.
  4. La diarrhée : Les périodes de diarrhée causent une perte considérable de liquide. Il est donc essentiel de bien s’hydrater. Afin de prévenir la diarrhée, mangez des produits contenant des fibres SOLUBLES : psyllium (metamucil, all-bran buds), pectine (pelure de pomme), avoine (pains et céréales à base d’avoine, gruau).



Les conséquences sur l’appétit


Outre les perturbations digestives, le stress modifie notre comportement alimentaire en s’attaquant directement à la source : notre appétit ! Encore une fois, les réactions sont variées et parfois même, carrément opposées. Chez certains, le stress provoque l’anorexie, c’est-à-dire une perte d’appétit qui se traduit par une incapacité à avaler quoi que ce soit. Pour d’autres, on parle plutôt de fringales importantes et d’un appétit quelquefois incontrôlable.

Cette opposition entre les réactions de perte et de gain d’appétit est encore inexpliquée. Plusieurs études confirment toutefois un phénomène : les fringales liées au stress! Ces fringales sont presque toujours pour des aliments riches en sucre et/ou en gras. Mais la question qu’il faut se poser est la suivante :, avons-nous réellement faim? Où plutôt, mange-t-on pour se sentir mieux ou pour « changer le mal de place » ?

Afin de répondre à cette question, il faut considérer plusieurs facteurs et phénomènes encore mal définis. Une chose est sûre, c’est que certaines personnes mangent des aliments sucrés et/ou gras pour se faire plaisir. Pourquoi ce type d’aliments plutôt qu’un autre? Ceux-ci sont associés à un relâchement d’endorphines qui procurent un sentiment de bien-être.

Cette sensation est de courte durée, mais le plus grand risque avec un tel comportement est d’en faire une habitude. S’accoutumer à gérer notre stress par l’entremise d’aliments peu nutritifs est malsain et peut engendrer des problèmes de poids importants. Éventuellement, les fringales liées au stress peuvent mener à des troubles alimentaires, notamment à l’hyperphagie boulimique et la boulimie.

Dans une perspective familiale, les parents ont une responsabilité additionnelle. Si l’adulte gère son stress à l’aide d’aliments, cette manière de réagir de la part des parents, sans même qu’elle ne concerne directement les enfants, peut malheureusement devenir un modèle pour ceux-ci. Par conséquent, ces derniers peuvent développer de mauvaises habitudes de gestion du stress si un tel exemple leur a été présenté en bas âge.


Ce qu’il faut retenir


Le stress est omniprésent dans nos vies et ses conséquences varient énormément d’une personne à l’autre. Peu importe notre réaction, une chose est certaine : le stress a un impact sur notre santé mentale, physique, ainsi que sur notre appétit. On peut bien sûr pallier aux divers inconvénients digestifs que le stress peut occasionner (reflux, gaz, diarrhée, constipation, etc.), mais la meilleure solution reste toujours d’apprendre à gérer et, idéalement, diminuer son niveau de stress.

Aucun aliment n’a le pouvoir de nous « déstresser ». Relaxation, méditation, réorganisation de son horaire, consultation professionnelle, il existe plusieurs moyens d’affronter le problème. Mais gardez en tête que la première étape est d’admettre qu’il y en a un!

 

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