Santé digestive

Le syndrome du côlon irritable

Au Canada, 15% à 20 % des gens développeront le syndrome du côlon irritable (SCI) au cours de leur vie. Il est estimé que près de 5 millions de Canadiens souffrent de cette maladie. Les femmes sont plus à risque de le développer que les hommes.

 

Découvrez comment réduire les symptômes de cette condition inconfortable tant sur le plan physique que sur le plan social.

 

 

Qu’est-ce que le SCI?

 

Le syndrome du côlon irritable est un trouble du fonctionnement de l’intestin et du mouvement des selles qui donne lieu à des douleurs abdominales importantes et à des selles anormales. Le SCI est aussi confondu avec les MII (maladies inflammatoires de l’intestin), mais contrairement à ces dernières, le SII n’implique pas de dommage à l’intestin.

Les symptômes les plus souvent rapportés en présence de SCI sont les suivants :

  • Ballonnements et gaz
  • Besoin urgent d’aller à la selle
  • Constipation
  • Diarrhée
  • Changements dans la consistance habituelle des selles
  • Douleurs abdominales et crampes
  • Sentiment d’évacuation incomplète

 

 

Quelles sont les causes du SCI?

 

Les causes du SCI sont mal connues. À l’heure actuelle, quelques hypothèses sont proposées. 

  1. La première stipule que les contractions de l’intestin des gens atteints du SCI sont anormales et qu’elles occasionnent de la douleur et des changements dans la consistance habituelle des selles. Un intestin qui se contracte trop serait associé à la diarrhée. Plus précisément, la nourriture avancerait trop rapidement dans l’intestin pour permettre à toute l’eau contenue dans les aliments d’être absorbée, donnant lieu à des selles plus liquides. Par ailleurs, un intestin paresseux serait lié à la constipation et aux ballonnements.
  2. La seconde hypothèse suppose que l’intestin des gens atteints du SCI est sensible. En effet, il semblerait que les individus soufrant du SII ressentent les mouvements de l’intestin, qui sont normalement imperceptibles, ce qui occasionnerait de la douleur.
  3. Les liens entre le microbiote – la flore intestinale – et le développement du SCI sont de plus en plus étudiés. La flore intestinale des gens atteints est perturbée, causant ainsi une diminution des bonnes bactéries et, par conséquent, une augmentation des taux de bactéries pathogènes. Cette flore pourrait être la cause de certains symptômes, notamment l’hypersensibilité des intestins et les contractions anormales (motilité intestinale altérée). L’utilisation des antibiotiques et une infection gastro-intestinale pourraient faire partie des causes de cette perturbation.
  4. Bien que le stress ne soit pas reconnu comme étant une cause directe du syndrome, il semble en accentuer les symptômes. En effet, le stress est reconnu pour activer les mouvements de l’intestin, et ce, même chez les individus ne présentant pas de problèmes gastro-intestinaux.
  5. Des allergies, des intolérances alimentaires, de mauvaises habitudes alimentaires ou bien l’abus chronique d’alcool pourraient influencer l’apparition du SCI.


D’autres causes sont suggérées: 

  • La quantité ou les habitudes d’exercice physique.
  • La malabsorption des acides biliaires.
  • Les anomalies des sécrétions gastro-intestinales.
  • Les infections aigües ou l’inflammation de l’intestin (entérite), comme la diarrhée du voyageur.

 

 

Comment savoir si je souffre du SCI?

 

Deux des symptômes suivants doivent être présents au moins 25 % du temps depuis 3 mois pour qu’un diagnostic de SCI soit posé : 

  • Modification de la fréquence des selles
  • Modification de la forme des selles (dures ou liquides)
  • Modifications au cours de l’évacuation (besoin urgent d’aller à la selle, difficulté à évacuer, sensation d’évacuation incomplète)
  • Gonflement du ventre
  • Présence de mucus dans les selles


Si vous pensez être atteint du SCI, consultez votre médecin pour éliminer toute autre condition médicale et pour un traitement adéquat.

 

 

Quels sont les traitements pour le SCI?

 

Certains médicaments sont prescrits pour soulager les symptômes du SCI. Ces médicaments ont pour but de diminuer la douleur en agissant sur les mouvements et les spasmes de l’intestin.

 

Le meilleur traitement du SCI reste encore la modification de l’alimentation. Les changements proposés visent surtout à diminuer les symptômes comme les flatulences et les gaz, en plus de contrôler la constipation et la diarrhée.

En mangeant à des heures régulières et en se créant une certaine routine pour aller à la selle, certains symptômes peuvent s’améliorer.

 

L’approche FODMAP

Des chercheurs se sont penchés sur l’utilisation de la diète FODMAP dans le traitement des symptômes du SCI. Les résultats sont très prometteurs. Jusqu’à 75% des personnes souffrant du SCI peuvent être soulagées de leurs symptômes en suivant cette diète particulière. Pour plus d’informations à ce sujet, consultez notre article sur la diète FODMAP.

 

Notez toutefois que la consultation d’une nutritionniste est fortement conseillée afin d’appliquer adéquatement cette diète stricte, sans développer de carences nutritionnelles.

 

 

Un mot sur les probiotiques
 
Selon de récents résultats, la prise de certaines souches de probiotiques de la famille des bifidobacteries (souches infantis, lactis, animalis) aurait comme conséquence de diminuer les ballonnements, la distension abdominale, les gaz et la difficulté de défécation. De plus, la prise de ces probiotiques augmenterait le bien-être général des personnes souffrant de cette condition.

 

Évitez les laxatifs pour traiter la constipation.

Cette pratique peut être nocive à long terme, car elle risque d’aggraver le problème en rendant l’intestin encore plus paresseux. De plus, les laxatifs peuvent entraîner des carences en vitamines et en minéraux, puisque les aliments passent trop rapidement dans l’intestin pour permettre l’absorption de tous les nutriments.

 

Pour traiter la constipation, prenez plutôt l’habitude de consommer une variété d’aliments riches en fibres, de boire beaucoup d’eau et d’aller à la selle dès que vous en ressentez le besoin.

 

Évitez d’avaler trop d’air.

Afin d’améliorer le confort gastro-intestinal, évitez également d’avaler une grande quantité d’air. Par conséquent, éviter de mâcher de la gomme, d’engloutir vos repas rapidement, de boire des boissons pétillantes (eaux gazéifiées, boissons gazeuses, etc.) et de boire en mangeant. Optez plutôt pour des repas tranquilles dans une ambiance agréable, sans distractions (sans télévision, cellulaire, tablette, travail, ordinateur, etc.), lors desquels vous prendrez le temps de bien mastiquer chaque bouchée.

 

Notez qu’un mauvais ajustement des prothèses dentaires, de la douleur chronique et de l’anxiété peuvent également augmenter la quantité d’air avalé.

 

Évitez les mets trop épicés et le café.

Évitez également de manger des mets trop épicés, tels des mets indiens ou mexicains, ainsi que le café, qui sont des irritants gastriques.

 

 

La gestion du stress et le sport

 

Si vous souffrez du SCI, rassurez-vous, cette condition, quoique désagréable, n’est pas dangereuse. En plus des changements alimentaires, la gestion du stress et des émotions ainsi que l’apprentissage de techniques de relaxation et l’activité physique peuvent réduire les symptômes. Consultez votre médecin et demandez-lui de vous suggérer des méthodes efficaces ou des ressources pour contrôler votre stress.

 

Si votre condition physique vous le permet, commencez graduellement à incorporer de l’activité physique dans votre journée, cela vous aidera non seulement à évacuer le stress, mais aussi à améliorer votre santé de façon générale.

 

 

Vivre avec le SCI

Le SCI ne pose pas de risque important pour la santé et n’est pas associé à une plus forte prévalence de cancer ou autre condition médicale. Par conséquent, les symptômes ne semblent pas s’amplifier avec le temps, quoique certains événements puissent parfois les exacerber. Et bien que le SCI ne se guérisse pas, il est possible, en modifiant vos habitudes de vie, d’en contrôler les symptômes. Vous améliorerez ainsi votre qualité de vie.

 

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