Cancer

Les agrumes favorisent la protection contre le cancer

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Citron, pamplemousse, orange ou mandarine, les agrumes sont des fruits très riches en vitamines et antioxydants. Plusieurs études se sont intéressées à leur effet sur la protection contre le cancer. Les résultats sont prometteurs, mais il est encore trop tôt pour affirmer que ces fruits participent réellement à la lutte contre le cancer.

 

Pourquoi les agrumes ?

 

On le sait, une alimentation riche en fruits et en légumes représente un des meilleurs moyens de se protéger contre le cancer. Les fruits et les légumes contiennent des vitamines et des antioxydants qui participent à plusieurs réactions dans notre corps qui protègent contre le cancer. En particulier, la vitamine C, ou acide ascorbique, est une vitamine possédant un fort pouvoir antioxydant. Sachant que les suppléments de vitamine C ne semblent pas participer à la protection contre le cancer, il est donc intéressant de vérifier le rôle des agrumes, qui sont généralement riches en vitamine C, dans la protection contre le cancer.

 

Résultats prometteurs, mais…

 

Les composés retrouvés dans les agrumes semblent avoir certains effets contre les cellules cancéreuses lorsqu’ils sont testés en laboratoire, dans des pétris. Cependant, il vaut toujours mieux rechercher des études effectuées chez des humains si l’on veut conclure à l’efficacité de ces composés.

 

Depuis 2008, six méta-analyses se sont intéressées à l’effet de la consommation d’agrumes sur l’apparition de différents types de cancers chez l’humain. Les méta-analyses sont des études qui analysent les résultats de plusieurs études portant sur un sujet précis. Elles nous procurent donc une vision claire des résultats des études effectuées sur le sujet.

 

Une première a étudié le cancer de l’estomac. Au total, 14 études épidémiologiques ont été évaluées. Selon l’analyse des résultats de ces études, la consommation d’agrumes serait associée à une diminution des risques de développer un cancer de l’estomac. Cependant, les auteurs concluent que les études qui ont été évaluées étaient de mauvaise qualité et qu’il faut, par conséquent, prendre les résultats avec précaution.

 

Une seconde méta-analyse s’est intéressée au cancer de la prostate. Au total, 11 études épidémiologiques ont été évaluées. Les résultats ne suggèrent pas de lien entre la consommation d’agrumes et le cancer de la prostate.

 

La troisième méta-analyse a mis l’accent sur le cancer du pancréas. Neuf études épidémiologiques étaient incluses dans cette analyse. Bien que les résultats suggèrent une association entre la consommation d’agrumes et une protection contre le cancer du pancréas, les auteurs mettent en garde, encore une fois, en déclarant que les études évaluées étaient de piètre qualité.

 

La quatrième méta-analyse a étudié le cancer du sein. Seulement cinq études d’observation ont été incluses dans cette méta-analyse. Les résultats positifs suggèrent que la consommation d’agrumes serait associée à une protection du cancer, mais la présence de limites méthodologiques importantes amoindrit la portée de ces résultats.

 

La cinquième, publiée en 2014, a évalué l’impact de la consommation d’agrumes sur le cancer de la vessie. En rassemblant les résultats de 14 études d’observation, les auteurs ont conclu que les gens qui mangeaient beaucoup d’agrumes avaient moins de risque de souffrir de ce type de cancer, comparativement à ceux qui en mangeaient peu. Ceci étant dit, les études présentaient beaucoup d’hétérogénéité entre elles, ce qui amène, une fois de plus, à prendre les résultats avec un grain de sel.

 

Finalement, une sixième méta-analyse publiée en 2015 s’est plutôt penchée sur le cancer de l’œsophage. En mettant en commun les résultats de 19 études d’observation sur le sujet, les auteurs ont observé une association significative entre la consommation d’agrumes et ce type de cancer. Les gens qui mangeraient le plus d’agrumes souffriraient moins du cancer de l’œsophage. Les auteurs rappellent toutefois que les études incluses étaient de basse qualité, ce qui peut nuire à la validité des résultats.

 

Une dernière analyse de neuf études d’observation effectuées dans deux centres hospitaliers en Italie et en Suisse a trouvé que la consommation d’agrumes diminuait les risques de développer un cancer oral, pharyngien, œsophagien, gastrique, colorectal ou laryngé. Cependant, aucun lien n’a été établi pour les cancers du sein, de l’endomètre, des ovaires, de la prostate ou des reins.

 

En bref

 

Plusieurs études ont évalué si la consommation d’agrumes diminuait les risques de développer différents types de cancers. Dans certains cas, les agrumes semblent offrir une protection. Il ne faut toutefois pas oublier que les études évaluées sont des études d’observation qui ne peuvent démontrer des liens de cause à effet, mais plutôt des associations. D’autres facteurs non évalués peuvent influencer les résultats. Par exemple, les gens qui consomment le plus d’agrumes sont peut-être également ceux qui consomment le plus de fruits et de légumes en général. Cela pourrait expliquer les plus faibles risques de cancer observés chez les amateurs d’agrumes.  

 

Les auteurs des méta-analyses s’entendent généralement pour dire que les études ne sont pas de bonne qualité et qu’il est trop tôt pour affirmer que les agrumes protègent du cancer. Cela ne veut pas dire qu’il faut bouder pour autant ces fruits qui représentent certainement un apport positif à une alimentation équilibrée.

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