Ménopause

Les boissons sucrées seraient liées au cancer de l’endomètre

Le cancer de l’endomètre est le 4e cancer le plus fréquent chez les femmes canadiennes. Certaines études associent la consommation d’aliments sucrés et de boissons sucrées à des risques plus élevés de développer ce cancer. Sans avoir encore élucidé le lien de cause à effet, il y a tout de même de bons arguments à diminuer  notre consommation de sucre.

 

Cancer de l’endomètre : une question d’hormones?

 

L’endomètre est un tissu qui recouvre l’intérieur de l’utérus. C’est là où la nidation de l’embryon s’effectue au début de la grossesse.

Les causes de l’apparition de ce cancer ne sont pas toutes connues. Toutefois, il semble assez certain que les facteurs qui augmentent la quantité d’œstrogène, une hormone sexuelle, dans le sang augmentent également les risques de souffrir de ce cancer. Cette association est principalement claire pour le cancer de l’endomètre de type I, mais pas pour le type II. Ce dernier est plus rare, mais plus agressif et ne semble pas être lié aux taux d’œstrogènes dans le sang.

 

Avoir un pourcentage de gras plus élevé, être postménopausée, suivre une hormonothérapie, être ménopausée à un âge plus avancé et ne pas avoir d’enfant font partie des facteurs augmentant la quantité d’œstrogène sécrétée par le corps et sont associés à des risques plus élevés de souffrir d’un cancer de l’endomètre.

 

De même, les femmes souffrant d’embonpoint et d’obésité ont des niveaux d’œstrogène sanguin plus élevés et sont plus à risque de développer un cancer de l’endomètre. Puisque la consommation de boissons sucrées est associée à l’embonpoint et à l’obésité, plusieurs études se sont intéressées à voir l’influence de la consommation de ces boissons sur les risques de cancer de l’endomètre.

 

Pas qu’une question de poids

 

Des chercheurs suédois, en 2011, ont utilisé les données d’une cohorte de 61 226 femmes suivies pendant une moyenne de 18,4 ans pour évaluer le risque de souffrir du cancer de l’endomètre en lien avec  la consommation d’aliments sucrés. La consommation de boissons gazeuses n’était pas associée à un risque plus élevé de développer un cancer de l’endomètre. Toutefois, les chercheurs ont conclu que ces résultats n’étaient pas nécessairement applicables aux femmes d’autres pays puisque les boissons gazeuses, en Suède, sont majoritairement sucrée avec du sucrose, contrairement au sirop de glucose-fructose utilisé aux États-Unis et au Canada.

 

Une étude cas-témoins effectuée aux États-Unis et publiée en 2013 a évalué l’impact de la consommation d’aliments sucrés sur les risques de développer le cancer de l’endomètre. Les participantes étaient 424 femmes ayant souffert du cancer de l’endomètre et 398 femmes sans cancer. Les femmes ayant eu un cancer de l’endomètre ont déclaré consommer davantage de sucre dans leur alimentation habituelle que celles n’ayant pas eu le cancer. De même, après ajustements pour l’âge et l’apport calorique, la consommation de boissons  et d’aliments sucrés était associée à un risque plus élevé de souffrir du cancer de l’endomètre.

 

Ces résultats sont cohérents avec ceux d’une méta-analyse publiée en 2012 prenant en compte huit études de cohorte prospectives et de cas-témoins démontrant qu’une alimentation riche en glucides simples était associée à des risques plus élevés de développer le cancer de l’endomètre.

 

En 2013, des chercheurs ont étudié les données d’une cohorte de 23 039 femmes américaines postménopausées suivies de 1986 à 2010. Les femmes remplissaient des questionnaires où elles inscrivaient la fréquence et la quantité de consommation de plusieurs types d’aliments. Les femmes qui consommaient le plus de boissons sucrées avaient 72% plus de risques de développer un cancer de l’endomètre de type I comparativement à celles qui n’en consommaient pas. Cette association n’a pas été observé pour les cancers de l’endomètre de type II. Il est à noter que ces résultats étaient les mêmes après avoir ajusté les analyses pour tenir compte de l’IMC, du niveau d’activité physique, du diabète et du tabagisme. Ceci laisse donc croire que les boissons sucrées auraient un impact négatif même chez les femmes ne souffrant pas d’embonpoint ou d’obésité.

 

Évitez de boire vos calories

Bien que plusieurs de ces études semblent associer la consommation de boissons sucrées et d’aliments sucrés à des risques plus élevés de développer le cancer de l’endomètre, il n’est pas possible d’affirmer qu’il y a un lien de cause à effet. Certains résultats sont d’ailleurs contradictoires.

 

Toutefois, le lien entre l’embonpoint et l’obésité, les taux élevés d’œstrogène et le cancer de l’endomètre de type I sont assez clairs pour être pris au sérieux. Les boissons sucrées sont fréquemment associées à des risques plus élevés de souffrir d’embonpoint et d’obésité, chez les adultes et les enfants.

 

Ainsi, vous avez tout intérêt à délaisser ces boissons au profit de liquides plus nutritifs ou fournissant peu de calories comme le lait, les boissons végétales enrichies, l’eau, le thé, la tisane ou le café.

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