Cancer

Les graines de lin protègent les femmes post-ménopausées du cancer du sein

Les graines de lin représentent une des sources les plus importantes de lignans, des molécules qui ont été associées à une réduction du risque de cancer du sein et de la mortalité chez les femmes post-ménopausées.

 

Que sont les lignans?

 

Les lignans font partie de la famille des phytoestrogènes, au même titre que les isoflavones et les coumestans. Les phytoestrogènes sont des molécules retrouvées dans plusieurs fruits et légumes et qui possèdent une structure ressemblant aux œstrogènes humains, des hormones sexuelles particulièrement abondantes chez les femmes avant la ménopause.

 

Les aliments les plus riches en lignans sont les graines de lin et le sésame. Cependant, on les retrouve également dans les germinations, les fruits, les légumes, les grains entiers et le thé vert.

 

Des effets protecteurs contre le cancer

 

Dans le cadre d’une étude clinique effectuée en 2005, des chercheurs ont étudié chez des femmes post-ménopausées diagnostiquées avec le cancer du sein l’effet de la consommation de 25 grammes de graines de lin présentées dans des muffins comparativement à des muffins « placebo » sans graine de lin. Les femmes devaient consommer ces muffins jusqu’au moment de l’opération où elles se feraient retirer la masse cancéreuse. Les masses étaient ensuite analysées pour mesurer l’activité des cellules cancéreuses. Dans le groupe consommant les muffins avec les graines de lin, les cellules cancéreuses étaient significativement moins actives et mourraient davantage.

 

Deux méta-analyses, datant de 2009 et 2010, ont conclu que la consommation de lignans était associée à une diminution du risque de développer le cancer du sein chez les femmes post-ménopausées.

 

En 2010, des chercheurs ont étudié des banques de données de femmes ayant eu le cancer du sein en s’intéressant à la consommation de lignans dans leur alimentation. Les auteurs ont observé un risque moindre de mourir d’un cancer du sein chez les femmes post-ménopausées qui ont rapporté consommer le plus de lignans dans leur diète.

 

En contrepartie, une étude allemande publiée en 2012 n’a trouvé aucune association entre la consommation de lignans et les risques de développer le cancer du sein lorsqu’ils ont comparé l’alimentation de femmes post-ménopausées avec et sans cancer du sein. Cependant, la consommation de graines de citrouilles et de tournesol, deux aliments riches en lignans, était associée à une réduction du risque de cancer du sein.

 

Une étude publiée en 2013 a analysé l’alimentation de 6369 femmes dont la moitié souffrait du cancer du sein. Les femmes pré- et post-ménopausées qui consommaient des graines de lin présentaient de 20 à 30% moins de risques d’être atteintes du cancer du sein comparativement à celles qui n’en consommaient pas, et ce, peu importe la quantité consommée!

 

D’où proviennent ces effets?

 

Le fait d’avoir un taux élevé d’œstrogènes dans le sang a été associé à un risque plus élevé de développer le cancer du sein. Ainsi, certains médicaments donnés pour diminuer ce taux réduisent, par le fait même, l’incidence du cancer du sein. Les molécules produites lorsque les lignans sont métabolisés dans le corps auraient un effet similaire, c’est-à-dire qu’elles pourraient diminuer le taux d’œstrogène, notamment en entrant en compétition avec les vraies hormones. Plusieurs hypothèses tentent d’expliquer cette baisse d’hormone, mais le mécanisme précis n’est pas encore élucidé.

 

Alors, on intègre des graines de lin dans notre alimentation?

 

Oui! Même si d’autres études cliniques seront nécessaires pour confirmer les effets des graines de lin, les résultats semblent très prometteurs chez les femmes post-ménopausées. De plus, les  graines de lin sont des aliments nutritifs pour d’autres raisons, comme leur teneur élevée en fibres solubles et insolubles qui aident le transit intestinal. N’hésitez donc pas à en manger!

 

Entières, elles s’intègrent à merveille dans des recettes de biscuits, muffins, gâteaux ou barres tendres. Moulues, elles se saupoudrent sur le yogourt, les soupes, les potages, les céréales et les smoothies.

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