Poids

Les mécanismes biologiques du regain de poids

Suite à une perte de poids, plusieurs personnes voient le chiffre indiqué sur la balance augmenter de nouveau. Après quelques mois, certains regagnent tout le poids perdu ou même quelques kilos supplémentaires. En effet, pas moins de 80 % des adultes et des enfants qui s’engagent dans un processus de perte de poids reprennent tout le poids perdu après quelques années. Qu’est-ce qui explique ce phénomène?

 

Qu’ils soient génétiques, comportementaux, environnementaux ou biologiques, plusieurs déterminants peuvent expliquer un regain de poids. Bien que l’alimentation représente une composante cruciale pour prévenir le regain de poids suite à un processus de perte de poids, plusieurs mécanismes peuvent contribuer à nous faire regagner quelques kilos.

 

Afin de mieux comprendre le phénomène de regain de poids possible, observons comment notre corps réagit naturellement suite à une perte de poids.

 

 

Le corps possèderait-il un thermostat?

 

Le risque de regain de poids semble être principalement dû à divers facteurs biologiques. Le corps développe en quelque sorte des mécanismes de défense pour éviter de perdre trop poids et voir sa santé se dégrader. Comme s’il avait peur de crier famine à un certain moment donné.

 

Au même titre qu’un thermostat qui voudrait maintenir sa température dans un certain intervalle de température donné, le corps a plus d’un tour dans son sac pour maintenir son poids naturel, qui est propre à chacun.

 

 

La diminution des dépenses énergétiques quotidienne et la « thermogénèse adaptative »

 

En terme de nutrition, la principale explication d’un regain de poids est une inéquation entre l’apport alimentaire et la dépense énergétique. Au niveau des apports alimentaires, plusieurs modes d’alimentation et comportements alimentaires peuvent être privilégiés afin de prévenir un regain de poids. Pour en savoir plus à cet effet, consultez notre article : « Comment maintenir une perte de poids ? ». Par contre, de l’autre côté de la balance énergétique, certains mécanismes naturels survenant lors d’une perte de poids peuvent diminuer les dépenses énergétiques et ainsi favoriser un regain de poids.

 

Le métabolisme de base, qui fait référence aux dépenses énergétiques au repos nécessaire pour assurer le bon fonctionnement des organes de notre corps, dépend principalement de 3 éléments : l’âge, le poids et la taille d’une personne. Ainsi, lorsque l’on perd une quantité significative de poids, automatiquement notre métabolisme de base diminue. Comme il compte pour environ 60% des dépenses énergétiques totales d’une personne, celles-ci se retrouvent ainsi considérablement amoindries. Certaines études démontrent d’ailleurs que le maintien d’une perte de poids de l’ordre de 10 % du poids initial s’accompagne d’un déclin des dépenses énergétiques d’environ 20 %, qui peut perdurer pendant plusieurs mois ou années.

 

Résultat : au fil des semaines, l’impact de la restriction calorique se fait de moins en moins grand. C’est ce qu’on appelle la « thermogénèse adaptative ». Autrement dit, si une personne maintient exactement les mêmes habitudes alimentaires du début à la fin de son processus de perte de poids, le chiffre sur la balance aura tendance à stagner davantage vers la fin et certaines personnes verront même leur poids augmenter.

 

La bonne nouvelle : les pertes de poids graduelles ont moins d’impact sur le métabolisme de base. En effet, une revue de la littérature effectuée en 2013 a démontré que les diètes à court terme (< 6 semaines) provoquaient une réduction deux fois plus importante des dépenses énergétiques au repos comparativement aux méthodes de perte de poids à plus long terme (> 6 semaines).

 

 

La stimulation de l’appétit

 

Une revue de la littérature effectuée en 2013 a établi un lien entre la thermogénèse adaptative suivant une perte de poids et le niveau d’appétit. En effet, les participants dont le métabolisme de base s’était considérablement abaissé ont rapporté une augmentation de leur niveau d’appétit. Au contraire, les participants qui avaient peu expérimenté le phénomène de thermogénèse adaptative ont rapporté moins de changements au niveau de leur niveau d’appétit.

 

Une revue de la littérature effectuée en 2011 chez des personnes souffrant d’obésité ayant perdu du poids a également démontré que certains facteurs neuronaux pouvaient favoriser un regain de poids. Bien que ces individus obèses aient perdu du poids, il semble que les réponses du cerveau à des stimuli alimentaires favoriseraient encore une motivation accrue à consommer des aliments.

 

 

Les changements hormonaux

 

Certaines hormones qui régulent l’appétit et la satiété peuvent également jouer un rôle dans le regain de poids :

  1. Hormones « coupe-faim » : La leptine, qui est sécrétée par le tissu adipeux, ainsi que la cholecystokinine, sécrétée par des cellules de l’intestin au contact d’aliments.
  2. Hormone qui stimule l’appétit : La ghréline, qui est sécrétée par l’estomac, stimule l’appétit.

 

Selon une revue de la littérature effectuée en 2013, la perte de poids chez les personnes souffrant d’obésité était liée à une réduction du niveau de leptine et de cholecystokinine ainsi qu’à une augmentation du niveau de ghréline, et cela jusqu’à 1 an après la période de perte de poids. L’ensemble de ces changements hormonaux favoriserait donc la prise alimentaire, pouvant expliquer en partie les risques de regain de poids lors de la phase de maintien du poids perdu.

 

La bonne nouvelle : les pertes de poids modérées, de l’ordre de 5 % ou moins du poids corporel initial, auraient moins d’impact sur les variations hormonales. En effet, selon une étude parue en 2009, les femmes souffrant d’obésité qui avaient perdu plus de 5 % de leur poids initial démontraient un niveau de leptine significativement diminué, ce qui ne fut pas observé chez celles qui avaient perdu moins de 5 % de leur poids initial.

 

En plus, une perte de poids modérée offre de nombreux bénéfices pour la santé!

 

 

Malgré tout, l’adoption de saines habitudes alimentaires peut minimiser le risque de regain de poids tout en améliorant votre état de santé. Pour en savoir plus sur les habitudes et les comportements alimentaires à privilégier afin de mettre toutes les chances de votre côté pour maintenir le poids perdu, lisez notre article : « Comment maintenir une perte de poids durable ».

 

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