Santé mentale

Une alimentation sans gluten et sans caséine aide les personnes atteintes d’un trouble du spectre autistique

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Retirer le gluten et les produits laitiers de l’alimentation est une pratique que beaucoup de parents d’enfants souffrant d’un trouble du spectre autistique (TSA) effectuent dans le but de réduire les symptômes. De plus en plus de chercheurs s’intéressent à valider si ce type d’alimentation a un effet bénéfique sur ces enfants. Malheureusement, les données disponibles jusqu’à présent ne sont pas concluantes.

 

Les troubles du spectre autistique

 

L’autisme, le syndrome Asperger et les troubles envahissants du développement (TED) non spécifiés sont regroupés sous le terme trouble du spectre autistique. Cette condition n’est pas une maladie mentale mais le résultat de problèmes médicaux.

 

Les personnes atteintes d’un TSA apprécient différemment la vie et leur environnement. Leur cerveau perçoit les sens (toucher, vue, ouïe, etc.) d’une autre façon. Il en résulte des troubles graves de la communication (comme une difficulté de langage), des troubles de la socialisation et des atteintes neurosensorielles provoquant des comportements perçus comme anormaux.

 

Les causes des TSA sont encore mal connues mais il semble y avoir consensus dans la communauté médicale pour admettre que les causes sont multiples. Des recherches en cours visent à examiner plusieurs possibilités dont:

 

  • l'approche neurobiologique selon laquelle le trouble origine du système nerveux central;
  • l'approche génétique selon laquelle une prédisposition génétique est évidente;
  • l'approche environnementale selon laquelle l'autisme découle d'une agression précoce provenant de facteurs environnementaux.

 

Le rôle possible du gluten et des produits laitiers

 

Au cours de la digestion, les protéines alimentaires sont transformées en molécules plus petites (acides aminés) pour faciliter leur passage de l’intestin à la circulation sanguine. Les protéines sont ainsi dégradées en peptides, puis en acides aminés.

 

Cependant, chez les personnes souffrant de TSA, la dégradation de certaines protéines, dont le gluten et la caséine, serait incomplète. De plus, les parois de leur intestin seraient plus perméables que la normale, ce qui entrainerait une absorption des peptides non dégradés. Ce surplus de peptides absorbés affecterait le fonctionnement du cerveau.

 

Donc, certains chercheurs suggèrent d’éliminer les aliments contenant du gluten et de la caséine pour prévenir des problèmes neurologiques et gastro-intestinaux plus importants. Le gluten est présent dans le blé, l’orge et le seigle et dans des variantes de ces céréales comme le triticale, l’épeautre et le kamut. On retrouve la caséine dans le lait maternel, le lait de vache et d’autres produits laitiers. Plusieurs médicaments contiennent aussi du gluten et de la caséine.

 

Ce qu’en dit la science…

 

Quelques études cliniques ont observé que les enfants souffrant d’un TSA développaient des anticorps contre la caséine et le gluten. Mais est-ce qu’un régime sans gluten et sans caséine (SGSC) aiderait ces enfants?

 

Dans les dernières années, les études se sont multipliées à ce sujet.

 

En 2010, des chercheurs européens ont effectué une étude randomisée-contrôlée à simple-insu pour évaluer l’effet d’une alimentation SGSC chez des enfants souffrant de TSA. Les 72 enfants participant à l’étude devaient soit se soumettre à ce régime alimentaire ou continuer à manger comme à l’habitude. Les chercheurs évaluaient ensuite certains symptômes des TSA, 8, 12 et 24 mois après le début de l’étude. Les chercheurs ont observé une amélioration des symptômes à 8 et 12 mois. Après 24 mois, aucune amélioration supplémentaire n’a été observée, suggérant une limite à l’amélioration des symptômes liée au retrait de ces protéines.

 

Ceci étant dit, ces résultats n’étaient pas suffisamment convaincants pour une équipe de chercheurs américains, australiens et italiens qui ont effectué une revue systématique de la littérature sur cette problématique en 2011. Selon ces chercheurs, les 15 études répertoriées évaluant l’alimentation SGSC étaient de faible qualité. Règle générale, elles ne duraient pas assez longtemps, comptaient peu de participants et la plupart possédaient plusieurs limites méthodologiques, ce qui permettait de remettre en doute les résultats obtenus. En 2013, une autre revue de littérature a été publiée sur le sujet. Sans grande surprise, les conclusions des auteurs étaient les mêmes.

 

Une étude américaine publiée en 2012 s’est penchée sur l’alimentation SGSC et a évalué son effet chez des enfants diagnostiqués avec un TSA en se basant sur les changements rapportés par les parents. Les réponses des 387 parents participant à l’étude ont été évaluées selon plusieurs critères. Les enfants qui suivaient le plus strictement et le plus longtemps la diète avaient des améliorations des symptômes du TSA plus marquées que les autres.

 

Parmi les enfants, 93,4% souffraient également de troubles gastro-intestinaux (diarrhée et/ou constipation), 68,3% avaient des symptômes d’allergies et 61,8% avaient au moins une allergie alimentaire diagnostiquée. Selon les résultats obtenus, l’alimentation SGSC semble plus efficace chez les enfants qui souffrent également d’allergies alimentaires, ce qui laisse croire que plusieurs sous-groupes d’enfants vivant avec un TSA existent et que certains d’entre eux pourraient bénéficier davantage d’une alimentation SGSC comparativement à d’autres.

 

Que faire?

 

Plusieurs études tendent à démontrer que l’alimentation SGSC améliore les symptômes de TSA chez les enfants diagnostiqués, principalement chez certains sous-groupes. Cependant, bien que ces résultats soient très importants pour l’avancement des connaissances, il n’est pas possible de recommander l’adoption de ce type d’alimentation, notamment parce que les études effectuées souffrent de beaucoup de problèmes méthodologiques.

 

Ceci étant dit, si vous souhaitez tout de même proposer ce type de régime à une personne souffrant d’un TSA, consultez tout d’abord son médecin. Éliminer des groupes d’aliments augmente les risques de carences en éléments nutritifs importants pour la santé. Il est recommandé de consulter un(e) diététiste-nutritionniste pour aider à planifier un menu équilibré et sécuritaire pour ces enfants.

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