Blogue

27 janvier 2016

2016, place à l'AIL!

par Amélie Baillargeon dans

Le mangeur

Avertissement : Encore une fois, toute ressemblance avec quiconque est purement fortuite, à moins que vous ne soyez comptable et que votre blonde soit une nutritionniste de retour de la FAO, fortement inspirée par l’AIL…

 

Lui – Chérie, me semble qu’on mange pas mal de lentilles pis de pois chiches de ce temps-là.

 

Elle – Ouaip et on n’a pas fini, parce que 2016, c’est l’AIL!

 

Lui – Han? L’ail? De quoi tu parles?

 

Elle – L’AIL comme dans l’Année internationale des légumineuses, pas l’ail le condiment là.

 

 

Lui – Aaaah! Pis qu’est-ce que ça fait l’AIL?

 

Elle – Beeeen, parce qu’on est en 2016 – héhé, l’Assemblée générale des Nations Unies propose à la planète de mettre à l’agenda lentilles, pois (chiches ou non), ainsi que haricots secs. Et c’est la FAO (le petit surnom de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) qui s’occupe d’organiser toutes les activités autour de cet évènement.

 

Lui – Wow. Pourquoi les légumineuses? Me semble que c’est un peu gazant – hé hé hé! La pognes-tu?

 

Elle – (Roulement de yeux) Parce que les légumineuses…

 

…font partie d’une saine alimentation et seraient bénéfiques pour la santé

En nutrition, les légumineuses ont la cote : elles regorgent de peleeeeein de bonnes choses comme des protéines, des fibres, des glucides et d’autres nutriments, tout en étant chiches en matières grasses et en cholestérol.

 

Alors, manger régulièrement des légumineuses dans le cadre d’une saine alimentation, c’est comme rajouter une autre corde à ton arc pour prévenir l’obésité, les maladies cardiovasculaires, le diabète et le cancer.

 

…ont une empreinte écologique moins pesante

Bon, je ne suis pas agronome, mais selon la FAO, la culture des légumineuses serait durable pour plein de raisons. En voici quelques-unes :

 

  • Les légumineuses ont besoin de vraiiiiment beaucoup moins d’eau. Genre ça prend 50 litres d’eau pour produire 1 kilo de lentilles contre 13 000 litres pour la même quantité de bœuf.
  • Il existe des centaines de types de légumineuses qui sont chacune adaptée à des conditions de production diverses. En cultiver une variété permettrait de contribuer au maintien de la biodiversité des plantes cultivées… et mangées, en plus de surmonter certains problèmes liés aux changements climatiques comme les pertes de production à cause de sècheresses.
  • Aussi, les légumineuses fixent l’azote dans le sol. Grossièrement, ce que ça veut dire, c’est que la fertilité des sols s’en trouve améliorée naturellement. Les agriculteurs ont besoin de beaucoup moins d’engrais chimique, voire plus du tout. Leur empreinte de carbone devient donc moins importante, contribuant encore une fois à combattre les changements climatiques.

 

…contribueraient à la sécurité alimentaire dans le monde

Dans les pays en voie de développement, les légumineuses peuvent être cultivées tant pour la vente que pour la consommation, assurant donc un revenu et un apport de nourriture relativement stable aux fermiers et à leur famille. En outre, elles se conservent très longtemps. Pour les consommateurs, le faible coût des légumineuses, combiné à leur valeur nutritive enviable, en font un aliment de choix.

 

Mais selon la FAO, il y a encore beaucoup de recherche à faire pour établir concrètement l’apport des légumineuses à la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations.

 

Lui – Ok, mais pourquoi ils en ont fait le thème d’une année internationale? Est-ce qu’on a vraiment besoin d’en parler autant?

 

Elle – OUI, justement! Parce que, toutes les bonnes raisons que je viens de te dire, qui montrent le potentiel des légumineuses, hé bien, il semblerait qu’elles ne soient pas suffisamment connues à l’échelle de la planète.

L’AIL vise donc à faire la promotion de tous les atouts des légumineuses auprès du grand public pour en favoriser la demande. Elle a aussi pour but de rapprocher les acteurs à toutes les échelles du système alimentaire pour qu’ils travaillent ensemble à mettre de l’avant cet aliment tant dans la production que la commercialisation.

 

Lui – Wow, c’est super intéressant, mais mettons que tu refais le même discours là et que tu tombes sur quelqu’un qui te dit : « Ouain pis? J’aime pas ça les légumineuses… », t’as l’air un peu fou, non?

 

Elle – Ouain, l’AIL s’est lancé tout un défi en mettant de l’avant les légumineuses. Beaucoup de personnes boudent les légumineuses pour plein de raisons : leur goût plus ou moins plaisant, leur texture plus ou moins agréable, les ballonnements inconfortables et les vents et bruits incongrus qu’elles causent, etc.

 

Lui – Hé hé hé, des vents et des bruits incongrus…

 

Elle – Mais il y a une solution à tout! Côté goût et texture, ça demande un peu d’apprivoisement. Il faut essayer différents plats et diverses recettes pour trouver ce qu’on aime. Et il y a quelques conseils de base à suivre aussi. L’équipe de Nos petits mangeurs en suggère plusieurs pour acheter et conserver les légumineuses et les cuisiner.

 

Si on parle des effets gastro-intestinaux des légumineuses, hé bien là aussi, il y a quelques trucs qui peuvent les réduire un brin, comme ceux proposés par Stéphanie (à partir de 2:30). Mais il faut surtout y aller gra-du-el-le-ment.

 

Lui – Genre, pas faire comme toi, en y allant aux toasts avec tes huit recettes par semaine, si je comprends bien?

 

Elle – (Piteuse) Oui… C’est pas de ma faute si l’AIL m’enthousiasme trop!

 

Lui – Oui, c’est ça… Alors là, si j’ai envie d’être le poster boy des bines à mon travail, qu’est-ce que tu me suggères de faire?

 

Elle – Hé bien, pour aller plus loin que les fameuses fèves au lard ou la soupe aux pois, tu peux proposer à tes collègues d’essayer l’une ou l’autre de ces idées :

 

  • Remplacer en partie ou en totalité la viande par des légumineuses dans des recettes classiques comme le pâté chinois, le chili con carne, la sauce à spaghetti, etc.
  • Cuisiner végé. Ce ne sont pas les inspirations qui manquent. Les sites Web de nombreuses émissions de cuisine proposent la catégorie « Végétarien ». Côté livres, on compte presque autant de livres de recettes que de sortes de légumineuses – ok j’exagère un peu mais à peine! En voici deux : Les Carnivores infidèles et Mon premier dîner végétarien.
  • Pour les anglos parmi tes collègues, il y a Pulse. Il est seulement en anglais malheureusement, mais il propose un assortiment de recettes allant des collations aux plats principaux, en passant par les soupes, les sauces et trempettes, sans oublier les desserts.
  • Découvrir des cuisines d’ailleurs : Méditerranée, Maghreb, Moyen-Orient, Inde, Amérique latine, Afrique subsaharienne, etc. La FAO propose quelques recettes d’ici et d’ailleurs, de même que Pulse.
  • Instaurer les Lundi sans viande... le lundi ou n’importe quel autre jour de la semaine, et pourquoi ne pas le faire en gang au bureau!
  • Pour les cuisiniers parmi tes collègues, ils peuvent soumettre la recette de leur plat de légumineuses préféré à la FAO et courir la chance de la voir publier sur le site de l’AIL, entre autres.
  • Planter des légumineuses dans son jardin cet été… D’ailleurs, la Fête des semences aura lieu du 12 au 14 février. On y trouvera sans doute des légumineuses adaptées aux climat et sol du Québec.
  • S’informer sur l’AIL en visitant le site de la FAO, en aimant la page LovePulses ou en suivant les évènements sur Twitter grâce aux mots-clics #IYP2016, #AIL2016 et #LovePulses.

 

Lui – Cool. Merci.

 

Elle – On se fait-tu des pois chiches rôtis pour grignoter en écoutant le film?

 

Lui – (Air de désespoir) Ok…

 

Et vous, comment célèbrerez-vous l’AIL?