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20 avril 2016

Cuisiner pour ses parents sexagénaires (parce que t’habites avec eux pour quelque temps)

par Philippe Grand dans

Entre four et frigo

Dans la vie, il arrive que tu doives faire un pas en arrière pour mieux avancer. Ce pas de recul, même s’il est rarement voulu, peut être bénéfique pour toi et ton entourage. Récemment, on rénovait ma cuisine et ma salle de bain. Comme j’en ai seulement une de chacune, mes options se sont rapidement tournées vers mes parents, car je ne vis pas dans une commune et je ne suis pas si proche de mon voisin.

 

Heureusement, ils ont accepté de me recevoir sans vraiment poser de conditions, outre celle implicite que j’allais devoir cuisiner « un peu ». Un peu, car ma mère, avant même que j’aie mis un pied dans la maison, est du genre à avoir cuisiné une sauce à la viande, une soupe aux lentilles, des crudités, un mijoté de veau, un carré aux dattes et une croustade aux pommes, et ce pour 10 personnes. Nous sommes trois à manger. J’ai donc cuisiné pour la première fois au jour 11.

 

Entre temps, comme je travaille principalement dans le domaine de la recherche, j’ai procédé à quelques observations des habitudes alimentaires de mes parents… évidemment à leur insu.

 

3 choses que mes parents font bien


Comportements Raisons
Ils mangent à table. Manger à table favorise l’écoute de ses signaux de faim et de satiété, en plus d’être un moment social, de partage.

Au moins le tiers de leur assiette contient des légumes.

Pas de problème de sous-consommation de légumes, leur assiette est toujours bien remplie! C’est un bon comportement pour se protéger des maladies chroniques.

Il y a pas mal de fruits sur le comptoir et le tiroir de fruits dans le frigo est toujours plein.

Plus les aliments nutritifs sont facilement accessibles et à vue d’œil, plus on a le réflexe de s’y tourner lorsqu’on a faim.

 

3 choses que mes parents pourraient améliorer

 

Comportements Raisons

Arrêter de manger avec la tablette électronique sur la table.

 

-P : Pis, votre journée?

-Papa : Ouf, des gros tremblements…

(silence)

-P : Tu veux dire des ballonnements?

-Papa : Sur la ceinture de feu…

(silence)

-P : Tu peux la desserrer si elle te chauffe autant. Ça devrait aider.

Aussi addictifs soient-ils, les jeux « Spider Solitaire » et « Crossy Road », de même que la page des nouvelles de La Presse ou de Radio-Canada, ne sont pas des compagnons de table avec qui on peut avoir des discussions intéressantes ou plaisantes.

 

On n’a jamais mangé devant la télévision dans ma famille, mais avec la venue des petits écrans mobiles, ils se sont trouvé un chemin à la table. Nouvelles mœurs, nouvelle recommandation : pas de miniécrans à table!

Augmenter leur apport en protéines au déjeuner et au dîner.

 

-P : Qu’est-ce que vous avez mangé ce midi?

-Papa : Une soupe aux légumes.

-P : Etttttttttttt…

-Papa : Du pain.

-P : Qu’est-ce que vous avez mangé une heure après?

Un apport de 25 à 30 g de protéines par repas permet de maintenir la masse musculaire. C’est important chez les personnes de 50 ans et plus, car leur masse musculaire diminue au fil des ans.

Je leur ai donc fait un mini-discours sur l’importance de la répartition des protéines à travers les repas, et hop, le lendemain il y a du yogourt grec dans le frigo pour le déjeuner. Reste à voir s’il est toujours intact…

 

Les protéines permettent aussi de prolonger le sentiment de satiété, ce qui évite de se tourner vers le sac de ringolos une heure après le repas.

Mieux jauger les quantités à acheter à l’épicerie et à cuisiner.

 

Maman : Phil, t’aimes le foie de veau?

P : Oui.

Maman : Ok, parce que j’ai acheté trois belles tranches.

(Elle me montre les tranches.)

P : J’espère que t’invites les voisins.

M : Non, pourquoi? T’aimes pas le foie de veau?

(silence)

P : Oui, j'aime ça…

Mes parents ont toujours été sensibles à l’égard du gaspillage. Finir les assiettes pour éviter de perdre des aliments est une coutume bien ancrée chez eux.

 

En réalisant qu’on a environ besoin de 100 g de viande crue par personne pour une portion, on achète et cuisine moins de viandes, on mange à notre faim sans se bourrer et il y a moins de restes à finir.

 

Il suffit parfois de petits changements pour améliorer son alimentation. Malgré leur âge, les changements effectués par mes parents seront bénéfiques à leur santé. De cette façon, ils resteront en forme pour s’amuser avec leurs nombreux petits enfants et recevoir de temps en temps leurs enfants lors des prochaines rénovations!