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26 novembre 2013

Équilibrer un lunch avec des biscuits Ritz, vraiment?

par Stéphanie Côté dans

Actualités

Il était une fois une maman du Manitoba qui prépare un lunch composé de rosbif, pommes de terre, carottes, orange et lait pour ses enfants. Le service de garde qu’ils fréquentent n’est pas satisfait. Qu’est-ce qui cloche selon vous ? « Euh… rien », pensez-vous ? Vous avez parfaitement raison, mais ce n’est pas l’avis du service de garde en question : « Ben voyons, il manque un produit céréalier ! » (Interprétation libre)

 

Les deux enfants sont revenus à la maison ce soir-là avec cette note… et facture aussi salée que les craquelins Ritz qui ont servi à « équilibrer » le lunch de la petite Nathalie et du petit Logan.

 

 

 

Voici 5 choses que ce service de garde n’a pas comprises :

 

1.   Un guide, ce n’est pas une bible

Préparer des repas conformes au Guide alimentaire canadien pour manger sainement signifie le composer d’aliments variés et nourrissants. Si un groupe d’aliments n’est pas représenté à un repas, ce n’est pas grave comme le laisse entendre le service de garde manitobain. Il a sans doute oublié qu’on mange trois repas par jour en plus de collations, surtout quand on est un enfant. Les occasions qui permettent de rencontrer les recommandations sont nombreuses.

 

De toute façon, on n’évalue pas la qualité de l’alimentation sur un repas, ni même sur une journée. Il faut prendre du recul et évaluer les menus de deux ou trois semaines pour s’en faire une idée valable.

 

Toutes les politiques alimentaires s’appuient sur le Guide alimentaire canadien pour élaborer leurs lignes directrices. Pourtant, les politiques alimentaires diffèrent en certains points d’un milieu à l’autre. C’est parce qu’il y a place à interprétation, et c’est très bien ainsi puisque justement, le Guide alimentaire canadien est un guide, pas une bible ! Il convient d’appliquer des lignes directrices en faisant preuve de gros bon sens. C’est anormal que certains parents voient une dictature en la politique alimentaire de l’école ou du service de garde de leurs enfants.

 

2.   Manger ne fait pas de nous un expert en nutrition

Demander à des enseignants ou à des éducatrices de se transformer en polices des boîtes à lunch est délicat. On leur demande d’appliquer à la lettre des lignes directrices d’une politique alimentaire qui résulte parfois d’une interprétation discutable du Guide alimentaire canadien.

 

La maman qui s’est fait reprocher la qualité du lunch de ses enfants soutient qu’elle aurait eu une note parfaite si elle avait opté pour du Kraft Dinner avec une saucisse hot dog, une torsade aux fruits, un ficello et une boîte de jus.

 

C’est désolant de voir ce genre d’aberration dans plusieurs milieux scolaires ici aussi. Des mamans nutritionnistes rapportent par exemple ces interdits :

 

  • Du popcorn nature ;
  • Une barre tendre maison faite avec des lentilles parce qu’elle contenait des pépites de chocolat, alors que les barres tendres du commerce (sans chocolat ni noix) sont acceptées ;
  • Du pouding au chocolat, alors que celui à la vanille convient (valeurs nutritives quasiment identiques).

 

En plus de diaboliser des aliments, on le fait sans aucune nuance.

 

3.   Les craquelins Ritz ne sont pas un produit céréalier digne de ce nom. 

Des biscuits Ritz n’améliorent en rien un lunch ! Et ils ne valent pas 5 $. Rien d’autre à ajouter.

 

4.   On encourage la cuisine maison, pas l’inverse.

À l’heure où les compétences et les connaissances culinaires sont menacées, il serait logique d’encourager les parents à cuisiner et à offrir des aliments frais à leur famille plutôt que de se tourner vers des produits transformés du commerce.

On veut aider les parents qui souhaitent que leurs enfants mangent bien, pas les punir lorsqu’ils font des efforts… et qu’ils réussissent d’ailleurs plutôt bien.

 

5.   On exige déjà beaucoup des parents.

Des lunchs et des collations nourrissants, non salissants, sans allergène, écolo, zéro déchet… les exigences qu’ont les services de garde sont souvent très élevées. On voudrait en plus que ce soit varié. Mais quand les seules collations permises se limitent à des fruits, des légumes et du fromage, il y en a qui reviennent souvent. À moins de faire le tour des 28 fromages d’ici ! (#blague)

 

Certains diront que les services de garde et les écoles ont pour mission d’éduquer les enfants, pas d’éduquer les parents. Cela dit, il n’est pas rare que les enfants ramènent à la maison un peu de ce qu’ils ont appris à l’école ou au service de garde. Ils contribuent ainsi à faire évoluer certaines valeurs, attitudes et comportements de leurs parents.  

 

Et puis, que fait-on si certains parents n’ont pas les moyens ou pas envie de suivre toutes les directives ? Les obliger et sanctionner, vraiment ?

 

Qu’en pensez-vous ? Devez-vous respecter une politique alimentaire très stricte dans le milieu de garde ou école de vos enfants ? Quels genres d’aberrations rencontrez-vous ?