Cancer

Bien s’alimenter quand on a le cancer du sein

Afin d’optimiser le traitement de votre cancer, votre sentiment de bien-être et votre niveau d’énergie, l’adoption de saines habitudes alimentaires peut être bénéfique.

 

En effet, une alimentation à haute valeur nutritive peut vous aider à mieux supporter les effets secondaires de certains traitements, accélérer la guérison et la convalescence, et prévenir l’apparition d'autres maladies chroniques lors du rétablissement.

 

Voilà plusieurs raisons d’emboîter le pas vers de saines habitudes de vie!

 

 

Optez pour la variété dans l’assiette

 

Afin de combler l’ensemble de vos besoins nutritifs et reprendre des forces, consommez 3 repas équilibrés par jour et optez pour une variété d’aliments frais et nutritifs dans l’assiette. Pour ce faire, assurez-vous que chacun de ces groupes d’aliments comble un tiers (1/3) de votre assiette: 

  • des sources de protéines (viande, volaille, poisson, tofu, légumineuses, œufs, etc.). Constituant indispensable de toutes les cellules de votre corps (de la peau, des muscles, des cheveux, du sang), les protéines sont particulièrement importantes étant donné qu’elles jouent un rôle au niveau de la guérison des tissus et du maintien du système immunitaire afin de lutter contre les infections.
  • des sources de glucides (produits céréaliers : pain, riz, pâtes, couscous, quinoa, orge, etc.). Fournissant autant d’énergie que les protéines, les glucides assurent le bon fonctionnement des cellules de votre corps.
  • des légumes aux couleurs variées (brocolis, carottes, céleris, piments, etc.) fournissant une panoplie d’antioxydants, de vitamines et de minéraux.

 

 

Source : Clinique universitaire de nutrition de l’Université de  Montréal. Assiette équilibrée.

 

Puis, complétez votre repas avec un produit laitier ou substitut (lait, boisson de soya enrichie, pouding maison, yogourt, fromage, etc.) et/ou un fruit.

 

Chaque cellule de votre corps a également besoin d’eau. N’oubliez donc pas de bien vous hydrater tout au long de la journée en trainant une gourde d’eau avec vous partout où vous allez. Par moment, vous n’avez pas soif? Essayez des sucettes glacées faites maison avec du jus, des tranches de melon d’eau renfermant 95 % d’eau, ou encore préparez des soupes réconfortantes lors des journées froides. Succès assuré!

 

 

Des pistes de recherche concernant les fibres, le soya et les matières grasses

 

Avec l’avancée de la science et l’amélioration des traitements, le taux de survie des personnes atteintes du cancer du sein s’est nettement amélioré de 1960 à aujourd’hui, en passant de 65 % à environ 90 %. Certains éléments nutritifs pourraient peut-être également jouer un rôle dans la survie suite à un diagnostic de cancer du sein. Toutefois, les études sont trop limitées à l’heure actuelle pour émettre des recommandations précises. Voici certaines associations que les études disponibles ont observées :

  • Les femmes qui mangent plus de fibres alimentaires et de soya après le diagnostic peuvent présenter un risque plus faible de mortalité lié à ce cancer.
  • Les femmes qui consomment une diète riche en gras et en gras saturé avant de développer la maladie peuvent présenter un risque plus élevé de mortalité lié à ce cancer.

 

Tout compte fait, de plus amples recherches sont nécessaires pour élucider si ces éléments affectent réellement la survie des femmes souffrant du cancer du sein.

 

Certaines survivantes du cancer du sein s’inquiètent d’inclure le soya dans leur alimentation, par crainte que ce type d’aliment agisse de la même façon que l’hormone œstrogène et qu’il favorise une récidive de cancer du sein. Or, la littérature scientifique actuelle laisse croire que la consommation modérée de soya (jusqu’à 3 portions par jour de tofu, de tempeh, de boisson ou pouding de soya) n’est probablement pas dangereuse pour ces personnes. La Société Canadienne du cancer recommande toutefois d’éviter les sources concentrées de soya (poudres, suppléments).

 

Par ailleurs, les matières grasses sont indispensables à votre santé globale, en fournissant de l’énergie, en étant des matériaux de construction essentiels à toutes les cellules du corps et en favorisant l’absorption de certaines vitamines (A, D, E, K). Certaines études laissent toutefois croire qu’un régime faible ou modéré en matières grasses pourrait réduire le risque de récidive de cancer du sein. Un essai clinique randomisé contrôlé effectué chez 2 437 femmes atteintes d’un cancer du sein de stade 1 ou 2 a d’ailleurs démontré que le taux de survie sans récidive de cancer après 5 ans était 24 % plus élevé chez les participants qui avaient réduit leur consommation de matières grasses à 20 % de leurs apports caloriques quotidiens. Toutefois, les études d’observation présentent des résultats variables à cet effet.

 

Ceci s’expliquerait par le fait qu’un excès de matières grasses pourrait participer à la progression du cancer en favorisant un gain de masse adipeuse, de l’inflammation chronique, l’altération du métabolisme hormonal et de l’expression des gènes. Toutefois, de plus amples recherches sont nécessaires pour élucider ces mécanismes potentiels.

 

Certaines données laissent également entendre que le développement de l’obésité avant ou après le diagnostic pourrait diminuer le taux de survie d’un cancer du sein et augmenter le risque de récidives. Sachant qu’une consommation excessive de matières grasses peut contribuer au surplus de poids, ce phénomène renforce également l’idée que les matières grasses auraient avantage à être consommées avec modération.

 

De plus, le type de matières grasses ingéré pourrait également jouer un rôle dans le risque de récurrence de cancer du sein. Un essai clinique a d’ailleurs démontré que le risque de récidive de cancer était 25 % moins élevé chez les femmes qui consommaient davantage d’oméga-3 de type ADH (acide docosahexaénoïque) et AEP (acide éicosapentaénoique). Toutefois, le nombre d’études limité concernant les différents types de gras ne permet pas d’émettre de recommandations claires à cet effet.

 

Voici quelques trucs pour réduire sa consommation de matières grasses, et particulièrement de gras saturés et trans : 

  • Opter pour des produits laitiers faibles en matières grasses ou pour des boissons végétales : lait et yogourt à moins de 2 % m.g, fromage à moins de 20 % m.g., boisson de soya enrichie, de riz, etc.
  • Opter pour des coupes de viandes maigres, du poisson ou des substituts de viandes (bœuf hâché maigre ou extra-maigre, porc, volaille, poissons, fruits de mer, tofu, tempeh, légumineuses, noix, etc.) et limiter la quantité de viande rouge consommée à 3 portions par semaine.
  • Opter le plus possible pour des aliments frais et cuisinés et réduire sa consommation de produits transformés, souvent riches en sucres, en gras saturés, en gras trans et pauvres en protéines et en fibres.
  • Opter pour des huiles, des noix et de graines renfermant des gras insaturés et remplacer l’utilisation de beurre par de la margarine non hydrogénée, lorsque possible.

 

 

Tentez de stimuler votre système immunitaire ? Attention aux régimes populaires, aux cures et aux produits naturels !

 

Lorsqu’un diagnostic du cancer survient, plusieurs personnes se mettent à la recherche de la solution miracle pour renforcer leur système immunitaire. Cures de jus, régimes miracles, aliments antioxydants, suppléments naturels… Pourtant, la littérature scientifique démontre qu’aucun aliment, régime ou supplément ne peut, à lui seul, stimuler votre système immunitaire ou remplacer une alimentation saine et équilibrée.

 

En plus, les régimes alimentaires populaires peuvent exclure certains groupes d’aliments (ex. la viande, le lait, les œufs, les fruits, etc.) et ainsi ne pas fournir assez de calories pour combler les besoins du corps en énergie, en protéines ou en vitamines et minéraux : tous des nutriments essentiels à la guérison et au maintien d’un poids naturel.

 

Tentés de prendre des produits de santé naturels? Attention! Certains produits et particulièrement les fortes doses peuvent être nocifs pour votre santé, réduire l’efficacité des traitements traditionnels et provoquer certains effets secondaires. N’oubliez pas, ce n’est pas parce qu’un produit est dit « naturel » qu’il est nécessairement bon pour la santé!

 

Par ailleurs, certaines personnes peuvent être tentées d’adopter un régime végétarien suite à un diagnostic du cancer du sein afin d’augmenter leur consommation de fruits et légumes et de fibres alimentaires, tout en réduisant leur consommation de gras saturés. S’il est vrai qu’une alimentation faisant une grande place aux végétaux (grains entiers, fruits et légumes, noix et graines, etc.) réduit les risques de développer un cancer, il n’y a actuellement aucune preuve qui démontre qu’un régime végétarien peut augmenter le taux de survie chez les personnes atteintes d’un cancer.

 

De plus, étant donné que les personnes qui adoptent ce type d’alimentation sont davantage à risque de développer certaines carences alimentaires (ex. en vitamine B12, en calcium, etc.), la consultation d’une nutritionniste est recommandée avant de tenter l'expérience.

 

 

Après le cancer : on maintient le cap vers de saines habitudes alimentaires

 

Saviez-vous que même après les traitements de votre cancer, les saines habitudes alimentaires apportent leur lot de bénéfices pour la santé? En effet, étant donné que les survivants du cancer ont un risque accru d’être touchés par certaines maladies, telles les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2 et l’ostéoporose, mangez des aliments frais, variés, nutritifs et provenant de tous les groupes alimentaires est de mise. En plus, bien manger aidera votre organisme à produire de nouvelles cellules saines, à reprendre des forces, à maintenir un haut niveau d’énergie et à maintenir un poids santé.

 

Pour en savoir plus sur les spécificités liées à l’alimentation des personnes traitées pour le cancer, lisez notre article « conserver l’appétit et la santé lors d’un traitement du cancer ».

Dernière modification :