Diabète et maladies du cœur

L’huile de krill favorise le bilan lipidique

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Le krill est un petit crustacé qui ressemble à une crevette, mesure de 8 mm à 6 cm et fait partie du menu de la baleine. Son nom est un mot norvégien qui signifie justement « nourriture de baleine ». Si vous ne connaissez pas encore ce mini crustacé, cela ne saurait tarder. L’huile de krill est réputée pour son riche contenu en bons gras oméga-3.

 

Une des vertus qu’on lui attribue est celle de réduire le cholestérol et les triglycérides sanguins, ce qui réduirait le risque de maladies cardiovasculaires. Les études se sont multipliées dans les dernières années et cet animal pourrait bien devenir une source importante d’oméga-3 grâce à la supplémentation. Par contre, ses bienfaits sur la santé cardiovasculaire tardent à être prouvés.

 

Des données peu nombreuses, mais prometteuses

 

Quelques études se sont penchées sur l’effet de l’huile de krill sur le bilan lipidique sanguin (taux de cholestérol et triglycérides). Celles-ci ne s’entendent toutefois pas toutes sur les bienfaits de l’huile de krill.

 

Dans la première étude publiée à ce sujet en 2004, 120 sujets ont reçu pendant trois mois différentes doses d’huile de krill (1 à 3 g par jour), d’huile de poisson (3 g par jour) ou un placebo, le tout sous forme de capsules. Toutes les doses d’huile de krill ont permis d’abaisser le taux de cholestérol total (de 13% à 18 %) et de cholestérol LDL – le « mauvais cholestérol » – (de 32 à 39 %) et d’augmenter celui de cholestérol HDL – le « bon cholestérol » – (de 43 à 60 %). Pour ce qui est des triglycérides, les plus faibles doses d’huile de krill (1 à 1,5 g par jour) n’ont eu aucun effet, mais les doses plus élevées (2 à 3 g par jour) les ont abaissés (de 27 à 28 %). Pour tous les paramètres, l’huile de krill avait un effet nettement plus marqué que l’huile de poisson.

 

En 2011, des chercheurs ont donné pendant sept semaines à 122 participants de l’huile de krill (3 g par jour), de l’huile de poisson (1,8 g) ou aucun supplément. La dose d’oméga-3 contenue dans les suppléments d’huile de krill représentait 62,8% de celle contenue dans les suppléments d’huile de poisson. Malgré tout, les suppléments ont fait augmenter de la même façon la concentration en oméga-3 dans le sang des participants, comparativement à ceux qui ne recevaient pas de suppléments. Ces résultats suggèrent donc que les oméga-3 contenus dans l’huile de krill sont plus biodisponibles que ceux de l’huile de poisson. Cependant, aucun changement significatif n’a été observé sur les autres paramètres lipidiques sanguins parmi les participants qui ont pris des suppléments d’huile de krill.

 

Une étude effectuée auprès de 18 hommes recevant 0,3 g d’oméga-3  venant de l’huile de krill ou 0,5 g d’oméga-3 provenant de l’huile de poisson a été publiée en 2012. Aucun changement significatif n’a été observé par les chercheurs par rapport au cholestérol ou aux triglycérides sanguins après 6 semaines de supplémentation.

 

Une étude clinique randomisée-contrôlée à double-insu publiée en 2013 a évalué l’effet de la supplémentation pendant 4 semaines en huile de krill (3 g par jour) ou en huile de poisson (3 g par jour) sur les paramètres lipidiques sanguins de 24 participants. Les chercheurs ont démontré que la prise des suppléments d’huile de krill avait un effet significativement supérieur aux suppléments d’huile de poisson pour augmenter la concentration en oméga-3 dans le sang. Le ratio oméga-6/oméga-3 était également diminué significativement avec la prise des suppléments d’huile de krill comparativement à l’huile de poisson. Aucun autre changement n’a été observé.

 

Le petit « plus » de l’huile de krill

 

Les oméga-3 contenus dans l’huile de krill seraient mieux protégés de la détérioration (oxydation) en raison d’un puissant antioxydant contenu dans l’huile, l’astaxanthine.

 

 

Le poisson : un allié du cœur qui a fait ses preuves

 

Les suppléments d’huile de krill semblent augmenter le contenu en oméga-3 dans le sang de façon plus efficace que l’huile de poisson. Toutefois, les études ne s’entendent pas sur les bienfaits de l’huile de krill sur le profil lipidique ou sur la santé cardiovasculaire.

Quoi qu’il en soit, si on cherche à se protéger contre les maladies cardiovasculaires, ne perdons pas de vue un aliment qui a fait ses preuves : le poisson. Assurez-vous donc, comme le recommande le Guide alimentaire canadien, d’en manger au moins deux portions par semaine.

 

En janvier 2014, deux études cliniques portant sur le sujet étaient en cours. Les résultats permettront certainement d’éclaircir l’efficacité des suppléments d’huile de krill sur la santé cardiovasculaire.

 

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