Nutrition sportive

La diète paléolithique et les performances sportives

 

La diète paléolithique (ou diète paléo) devient de plus en plus populaire dans le milieu sportif après la parution en 2005 d’un livre par Loren Cordain sur la diète paléo chez les athlètes. Plusieurs athlètes adhèrent à ce régime et déclarent que leurs performances ont été améliorées depuis qu’ils ont changé leurs habitudes alimentaires. Toutefois, il n’existe aucune donnée scientifique qui permet d’appuyer ces éloges pour la diète paléo.

 

 

Qu’est-ce que la diète paléo?

Le docteur Steve Eaton est le premier à avoir parlé de la diète paléo en 1985 en écrivant un article sur la nutrition paléolithique dans un journal scientifique. Selon lui, le génome de l’être humain a peu évolué en plus de 40 000 ans. Pourtant, dans le même temps, notre alimentation, elle, s’est transformée. Ainsi, selon le docteur Eaton, plusieurs maladies chroniques dont souffrent les populations actuelles, comme le diabète, les maladies cardiovasculaires ou le cancer, sont causées parce que notre corps n’a pas eu le temps de s’adapter à l’alimentation moderne.

 

La diète paléo exclut tous les aliments que l’être humain a commencé à consommer depuis l’avènement de l’agriculture et de l’élevage. Les gens qui adhèrent à ce régime alimentaire doivent éviter de manger des grains céréaliers (pain, céréales, pâtes), des produits laitiers, des légumineuses, des sucres raffinés, de la caféine et de l’alcool. Leur diète est donc constituée de viande, de fruits et de légumes, de noix et de miel.

 

 

Un régime basé sur peu de données

Peu d’études se sont intéressées à l’influence de l’adoption d’une diète paléolithique sur la santé. Bien que la plupart d’entre elles semblent montrer des effets favorables, elles sont souvent effectuées avec un nombre très restreint de participants.

 

En ce qui concerne la pratique sportive, aucune étude n’a été effectuée afin d’évaluer son effet sur la performance. Par contre, même les pratiquants de la diète paléo admettent que ce ne sont pas tous les sportifs qui peuvent performer avec ce type d’alimentation puisque l’activité physique des athlètes n’est pas la même que celle des premiers humains. Ainsi, des marathoniens performent très mal s’ils ne consomment pas suffisamment de glucides, comme c’est le cas pour ce régime alimentaire.

 

 

Incohérences

En 1985, lorsque le docteur Eaton a publié son ouvrage, on croyait que les premiers humains ne consommaient pas de grains céréaliers. Or,  dans les dernières années, des traces de grains ont été retrouvées sur les dents fossilisées d’humains ou sur des outils de pierre, ce qui laisse croire qu’ils consommaient déjà peut-être des grains à ce moment. La science évolue sans cesse.

 

De plus, le terme paléo est assez vague. En fait, il ne réfère pas à un ancêtre en particulier. On pourrait parler des Australopithèques ou bien encore de l’Homo Erectus, par exemple. Déjà à ce moment, les hommes étaient un peu partout sur le globe après avoir quitté le continent africain. Leur diète était donc très différente d’un endroit à l’autre. Les hommes se nourrissaient de ce qu’ils trouvaient dans leur environnement. Comment savoir dans ce cas lequel de ces régimes était « le bon »?

 

En bref, en plus d’être restrictive et difficile à suivre dans la vie courante, la diète paléo ne se base pas sur des données scientifiques convaincantes. Aucune recherche n’a d’ailleurs démontré d’effet bénéfique sur les performances sportives après l’adoption de ce régime alimentaire. 

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