Consommation responsable

Le mouvement locavore ou l'art de manger local

En 2007, le mot locavore fait une entrée remarquée dans le New Oxford American Dictionary en remportant le prix du « mot de l’année ». Voici un retour sur un récent mouvement qui promet un impact important dans le monde de l’alimentation.

 

Qu’est-ce qu’un locavore?

Le terme a été inventé en 2005 par Jessica Prentice, une américaine vivant à San Fransisco. Elle désirait simplement apposer un mot sur un projet qu’elle avait entrepris avec trois autres femmes : mettre au défi les habitants de San Fransisco de ne manger que des aliments provenant de moins de 100 miles (160 km) de leur maison, pendant un mois. Cela pris peu de temps avant qu’un engouement ne se crée autour du néologisme et du projet et c’est ainsi que le mot naquit officiellement en 2007.


Selon le New Oxford American Dictionary, un locavore est une « personne qui recherche de la nourriture produite localement ».

Le Petit Larousse illustré décrit plutôt le locavore comme une « personne qui décide de ne consommer que des fruits et légumes et de saison, pour contribuer au développement durable ».


Un locavore est donc quelqu’un qui décide de ne se nourrir qu’avec des aliments qui sont produits localement. La distance-limite habituellement associée au mouvement est la même que celle du défi lancé par Jessica Prentice, soit 100 miles (160 km). Toutefois, contrairement à la définition du Petit Larousse, le locavore ne se limite pas aux fruits et aux légumes, mais peut également se procurer de la viande et des produits laitiers et céréaliers.

Il est possible de croire qu’un rayon de 160 km est encore très grand, mais il ne faut pas oublier que dans un contexte conventionnel, les aliments peuvent facilement parcourir plusieurs milliers de kilomètres entre la ferme et l’assiette. Les locavores apprécient le fait de pouvoir retracer d’où provient la nourriture qu’ils mangent et de savoir que la courte distance parcourue par les aliments diminue leur impact sur l’environnement.

Avantages du locavorisme


Les principaux avantages énoncés par les adeptes du locavorisme sont :
 

1. Meilleur qualité des produits: produits frais, de saison, sains, biologiques, meilleur goût
2. Impact positif sur la santé: plus grande consommation de fruits et de légumes et une plus grande variété
3. Impact positif sur l’environnement
4. Lien privilégié avec l’agriculteur


Initiatives en place au Québec

Le locavorisme est encore très récent, mais c’est un phénomène qui prend de l’ampleur un peu partout dans le monde. De plus en plus d’initiatives sont mises en place afin d’offrir le choix aux consommateurs de manger des aliments locaux.

L’organisme québécois Équiterre promeut depuis toujours les fermiers de familles. En s’associant directement à des fermiers, les locavores reçoivent des paniers de fruits et de légumes pendant toute la saison (qui dure de 12 à 22 semaines selon la ferme) et encouragent ainsi l’économie locale. En effet, toujours selon l’organisme, si chaque famille québécoise remplaçait 20$ d’achats alimentaires provenant d’autre pays par la même valeur en produits du Québec, il serait possible de créer plus de 100 000 emplois. Il existe également des fermes d’élevage qui offrent ce même genre de service et il est possible d’obtenir de la viande d’animaux élevés dans la région.

Il existe toutefois de multiples autres initiatives telles que;

 

Les marchés publics
Les marchés en ligne pour faire des emplettes par Internet
Les paniers privés à la carte livrés par le producteur
Les épiceries et institutions qui font directement affaire avec la ferme
Les jardins communautaires


Il est possible de consulter un recensement de plusieurs de ces initiatives recensement de plusieurs de ces initiatives effectué par Équiterre.
Cherchez également le logo « Aliments du Québec ». Ce logo peut être apposé sur les aliments qui sont entièrement produits au Québec ou dont les principaux ingrédients sont d’origine québécoise et pour lequel toutes les activités de transformation et d’emballage ont été réalisées au Québec.

La « 100 mile-diet »


Le locavorisme a également influencé une émission diffusée sur le réseau « Food Network » en 2009 qui se nommait « The 100 mile challenge » provenant de la traduction anglaise courante du locavorisme : « 100 mile-diet ».

Les participants devaient consommer des aliments provenant de moins de 100 miles (160 km) de leur domicile pendant 100 jours.

Avec ce genre de publicité et l’engouement grandissant pour la protection de l’environnement, nul doute que le locavorisme prendra une importante expansion dans les prochaines années et qu’on verra apparaître une foule de nouvelles initiatives permettant de diminuer la distance entre la ferme et l’assiette.

 

 

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