Gestion du poids

Qui dort dîne?

Au Canada, 31,5 % des enfants et des adolescents âgés de 5 ans à 17 ans ont un surplus de poids. Ces enfants sont plus susceptibles d’être obèses à l’âge adulte et de développer des conditions comme l’hypertension, l’hyperlipidémie, l’asthme et le diabète de type 2. Les habitudes alimentaires et l’activité physique sont les principales cibles de la recherche pour la prévention de l’obésité, mais d’autres facteurs de risque, comme le sommeil, pourraient être liés à l’obésité.

 

Aujourd’hui, enfants et adultes sont touchés par l’obésité. Compte tenu de la difficulté à traiter l’obésité à l’âge adulte, la prévention de l’obésité pendant l’enfance s’avère être une question urgente de santé publique. Les causes potentielles de l’obésité chez les enfants sont liées à la génétique (obésité parentale) et aux habitudes de vie (sédentarité, alimentation riche en calories, etc.).

 

Des nuits plus courtes…


Pendant que le poids de la population augmente, les nuits de sommeil raccourcissent de plus en plus. Pour un adulte, une nuit de sommeil adéquate dure de 7 à 9 heures. Or, aux États-Unis, 35,3% des adultes dormiraient moins de 7 heures par nuit.

Au Canada, 17% des hommes et 13% des femmes dormiraient moins de 6,5 heures par nuit. Compte tenu du rythme de vie effréné et de la conciliation travail/famille, le temps consacré au sommeil est souvent escamoté. D’ailleurs, ce sont les parents qui dorment le plus souvent moins de 6,5 heures par nuit.

 

Le sommeil durant l’enfance


De façon générale, les études ont observé que les enfants qui dorment moins sont plus susceptibles d’avoir un surplus de poids. Chez ces enfants, l’association semble être de nature dose dépendante, c’est-à-dire que plus le nombre d’heures de sommeil est élevé, moins les risques d’embonpoint et d’obésité sont forts.

Certaines études suggèrent que les filles seraient plus résistantes aux agents stressants environnementaux et réagiraient mieux à des privations de sommeil que les garçons. Mais toutes ne s’entendent pas sur le sujet.

Aucune étude n’a évalué l’impact d’une augmentation du nombre d’heures de sommeil chez les enfants ou les adolescents sur le poids. Des études cliniques sont nécessaires afin de vérifier l’effet d’une prolongation des heures de sommeil sur la prévention de l’obésité chez les enfants et les adolescents.

 

Un sommeil protecteur

Le temps consacré au sommeil pourrait influencer le poids des enfants, mais également celui des adultes. Selon certains scientifiques, la privation de sommeil provoquerait des modifications physiologiques et hormonales qui stimulent la faim. De plus, une personne fatiguée serait moins encline à bouger. En mangeant plus et en bougeant moins, l’équilibre énergétique est rompu et le gain de poids commence.

Une privation de sommeil pourrait aussi diminuer la température du corps, liée à une diminution de la capacité du corps à brûler les calories. Mais cette théorie n’a pas encore été démontrée.

 

Le sommeil à l’âge adulte


Chez l’adulte, les résultats des études portant sur la durée du sommeil et le poids sont inconsistants. Certaines études indiquent un lien alors que d’autres n’en observent aucun.

En général, les études s’entendent pour dire qu’il y a un lien entre le manque de sommeil et les risques d’obésité chez les jeunes adultes. Toutefois, c’est chez les adultes plus âgés que le lien est moins clair.

 

Certaines études suggèrent que, chez l’adulte, une durée de sommeil très courte ou très longue est liée au surpoids et à l’obésité. Mais pourquoi un sommeil plus long augmenterait-il les risques de surpoids? Une moins grande pratique d’activité physique pourrait être une explication. Mais l’obésité elle-même pourrait aussi être en cause. En effet, le surpoids provoque des changements hormonaux qui favorisent le sommeil. De plus, l’obésité augmente les risques de conditions médicales connues pour perturber le sommeil et mener à l’insomnie (par exemple, l’ostéoarthrite, le reflux gastro-oesophagien, l’asthme ou l’apnée du sommeil).

 

Une étude clinique a observé que chez les gens qui sont soumis à des heures de sommeil restreintes (4 heures par nuit), certaines régions du cerveau liées au comportement alimentaire et à la recherche de plaisir sont plus fortement activées lorsque les personnes regardent des images d'aliments considérés comme malsains (par exemple :pizza, bonbons) que lorsqu'elle regardent des images d'aliments considérés comme sains (par exemple : gruau, yogourt). 


D’autres études devront être menées pour mieux comprendre le lien entre le sommeil et le surpoids. Cependant, tous s’entendent pour dire que d’adopter de plus longues heures de sommeil a des effets positifs sur la santé des individus qui ne dorment pas suffisamment, autant adultes qu’enfants. Instaurer une routine du sommeil adéquate dès l’enfance constitue donc un des éléments clés de la santé des futurs adultes.

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